Washington menace les compagnies aériennes iraniennes d’une mise à l’arrêt mercredi
Ceux qui leur fournissent du carburant ou autre pourraient être exclus du système dollar, a prévenu Scott Bessent..
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a annoncé que les compagnies aériennes iraniennes ne pourraient plus fonctionner à partir du 23 septembre 2024. Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus large des États-Unis visant à isoler économiquement l’Iran. Bessent a précisé que toute entreprise ou personne fournissant du carburant, des services d’atterrissage ou d’assistance aux avions iraniens risquerait d’être exclue du système financier international dominé par le dollar américain. Ces sanctions dites secondaires visent à étendre l’impact des mesures américaines au-delà des frontières des États-Unis, en pénalisant les acteurs étrangers collaborant avec l’Iran. Le Trésor américain, dirigé par Bessent, joue un rôle central dans cette politique économique de pression contre Téhéran, en complément des sanctions militaires déjà en place.
Le 2 septembre 2024, les États-Unis ont placé l’intégralité du secteur aérien iranien sur leur liste noire, interdisant toute collaboration avec ces compagnies. Cette décision s’ajoute à une série de sanctions économiques déjà imposées à l’Iran pour limiter son influence régionale et son programme nucléaire. Les entreprises ou individus enfreignant cette interdiction s’exposent à des sanctions dites secondaires, qui consistent à les exclure du système financier mondial centré sur le dollar. Par exemple, une entreprise européenne fournissant du kérosène à une compagnie aérienne iranienne pourrait se voir interdire l’accès aux marchés américains, ce qui équivaudrait à une exclusion de l’économie globale. Ces mesures visent à asphyxier financièrement l’Iran en coupant ses liens avec le reste du monde.
Ces annonces surviennent dans un contexte de tensions accrues entre les États-Unis, l’Iran et Israël, où les moyens militaires n’ont pas suffi à faire plier Téhéran. Scott Bessent a fait ces déclarations la veille d’une rencontre avec le vice-premier ministre chinois, He Lifeng, préparant un sommet entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping. La Chine, principal partenaire économique de l’Iran, est directement concernée par ces sanctions, car elle maintient des échanges commerciaux avec Téhéran malgré les pressions américaines. Les États-Unis cherchent ainsi à isoler l’Iran économiquement, tout en négociant avec d’autres grandes puissances comme la Chine, dont l’influence pourrait atténuer l’impact des sanctions.
Pour l’Iran, ces sanctions représentent un défi majeur, car son secteur aérien est déjà fragilisé par des années de restrictions internationales. Les compagnies aériennes iraniennes, comme *Iran Air*, dépendent de carburant et de services étrangers pour fonctionner. L’exclusion du système dollar priverait ces entreprises de l’accès aux marchés financiers mondiaux, rendant impossible l’achat de pièces détachées, de carburant ou même le paiement de redevances aéroportuaires. Sans ces ressources, les avions iraniens pourraient se retrouver cloués au sol, paralysant une partie de l’économie du pays. Cette mesure illustre la stratégie américaine de *guerre économique*, où le dollar devient une arme pour affaiblir un adversaire sans recourir à la force militaire.

