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Géopolitique

Un récif corallien en pleine santé vient d’être redécouvert au Bénin

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

Des chercheurs béninois ont redécouvert un récif corallien extraordinaire de vie, soixante ans après que sa présence a été attestée. Une bonne nouvelle pour la biodiversité, mais aussi un exemple des obstacles que doivent surmonter nombre de chercheurs du continent africain..

Redécouverte d'un récif

En 2025, des chercheurs béninois ont confirmé l'existence d'un récif corallien au large du Bénin, après qu'il ait été signalé pour la première fois il y a soixante ans, en 1965. À l'époque, des pêcheurs avaient remonté des morceaux de corail dans leurs filets, à environ 22 kilomètres des côtes et à 50 mètres de profondeur. Cependant, ce récif avait ensuite été considéré comme disparu par la communauté scientifique. Le projet Coreb (Coral Reefs Rediscovering & Exploration in Benin), soutenu par National Geographic, a permis sa redécouverte grâce à une expédition menée par Gérard Zinzindohoué, chercheur à l'Institut de recherches halieutiques et océanologiques du Bénin. Cette expédition a utilisé un sonar de haute résolution, un drone sous-marin et une caméra spécialisée pour explorer la zone.

Un écosystème vivant

Les images et données recueillies lors de l'expédition ont révélé un récif corallien en bonne santé, abritant au moins huit types de coraux et autant d'espèces de poissons. Parmi ces espèces, on trouve le poisson-ange africain (Holacanthus africanus), le poisson-soldat à bande noire (Myripristis jacobus) et la carpe rouge (Lutjanus fulgens). Le récif se situe dans la twilight zone, une zone crépusculaire de transition entre les eaux peu profondes et les profondeurs abyssales, généralement peu explorée. Contrairement aux récifs coralliens classiques, celui du Bénin ne forme pas une barrière continue, mais plutôt des groupes épars de coraux se développant sur des formations rocheuses. Cette découverte remet en question les connaissances sur les écosystèmes marins de l'Afrique de l'Ouest.

Défis logistiques

La réalisation de cette expédition a été confrontée à plusieurs obstacles logistiques et financiers. Gérard Zinzindohoué a obtenu une bourse de 20 000 dollars (17 500 euros) de National Geographic Explorers en janvier 2025 pour financer le projet. Cependant, l'achat d'un sonar a absorbé près de 80 % de ce budget, et le paiement a failli être bloqué en raison de restrictions liées au compte bancaire africain du chercheur. Par ailleurs, le Bénin ne disposant pas de navire de recherche, Zinzindohoué a dû recourir à des bateaux de pêche locaux pour se rendre sur place, une solution risquée car ces embarcations ne sont pas conçues pour s'aventurer aussi loin au large. Ces difficultés illustrent les contraintes auxquelles font face les chercheurs africains dans leurs travaux océanographiques.

Ce que ça pourrait changer

Cette redécouverte souligne l'importance de poursuivre les recherches sur les écosystèmes marins africains. Gérard Zinzindohoué estime que ce récif n'est probablement pas un cas isolé et que les connaissances sur les régions côtières de l'Afrique de l'Ouest restent très limitées. Il souligne également la nécessité pour les pays africains de prendre en charge l'exploration de leurs propres ressources marines, plutôt que d'attendre que des équipes étrangères le fassent à leur place. Cette expédition, bien que modeste, pourrait ouvrir la voie à de nouvelles découvertes et contribuer à une meilleure compréhension des océans africains. Les résultats de cette recherche ont été publiés le 20 juillet 2025 dans la revue *Frontiers in Marine Science*.

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