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Culture

De la sécheresse aux déséquilibres de marché : les exploitations agricoles face aux pénuries de fourrage

France Culture - Savoirs · mis à jour 28 sept.

Après un été caniculaire, les éleveurs sont à court de fourrage, la matière première pour nourrir leurs bêtes. Les stocks d'hiver sont consommés et ils se tournent désormais vers l'Etat, qui a annoncé un plan de soutien à hauteur d'1 milliard d'euros..

Sécheresse et pénurie

L'été 2026 a été marqué par des températures exceptionnellement élevées et une sécheresse prolongée en France, ce qui a eu un impact direct sur les exploitations agricoles. Ces conditions climatiques ont entraîné une baisse significative des rendements des cultures destinées à nourrir le bétail, notamment le fourrage, qui est la base de l'alimentation des animaux d'élevage comme les vaches ou les moutons. Le fourrage désigne l'ensemble des végétaux (foin, herbe, ensilage) récoltés pour nourrir les animaux. En raison de la sécheresse, les stocks de fourrage accumulés pour l'hiver ont été épuisés prématurément, laissant les éleveurs sans ressources pour nourrir leurs bêtes pendant les mois froids. Cette situation a créé une pénurie de fourrage, forçant les agriculteurs à chercher des solutions urgentes pour éviter des pertes économiques et des souffrances animales.

Conséquences économiques

La pénurie de fourrage a provoqué des déséquilibres majeurs sur les marchés agricoles. Les prix du fourrage ont fortement augmenté en raison de la demande accrue et de l'offre limitée, ce qui a alourdi les coûts pour les éleveurs. Ces derniers, déjà fragilisés par les aléas climatiques, se retrouvent dans une situation financière difficile. Pour faire face à cette crise, l'État français a annoncé un plan de soutien d'un montant d'1 milliard d'euros. Ce plan vise à aider les exploitations agricoles à acheter du fourrage ou à compenser une partie de leurs pertes. Vincent Chatellier, ingénieur de recherche en économie agricole à l'INRAE (Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l'Alimentation et l'Environnement), souligne que cette crise illustre la vulnérabilité du secteur agricole face aux changements climatiques et aux fluctuations des marchés.

Réponse de l'État

Face à l'urgence, le gouvernement a décidé d'intervenir pour soutenir les éleveurs. Le plan de soutien de 1 milliard d'euros s'inscrit dans une démarche de solidarité nationale envers un secteur essentiel à l'économie et à la sécurité alimentaire du pays. Ce montant représente une enveloppe budgétaire significative, mais il ne couvre pas l'ensemble des besoins des agriculteurs. L'objectif est de stabiliser la situation à court terme en évitant des faillites en cascade parmi les exploitations. Cependant, cette mesure soulève des questions sur la pérennité des solutions proposées et sur la capacité du secteur à anticiper de futures crises similaires. Les acteurs du monde agricole appellent à des investissements structurels pour renforcer la résilience des exploitations face aux aléas climatiques.

Rôle de l'INRAE

L'INRAE joue un rôle clé dans l'analyse des crises agricoles et la recherche de solutions durables. Vincent Chatellier, expert en économie agricole, explique que les études menées par cet institut permettent de comprendre les mécanismes économiques et environnementaux qui aggravent les pénuries de fourrage. L'INRAE travaille notamment sur des modèles agricoles plus résilients, adaptés aux changements climatiques, et sur des alternatives pour réduire la dépendance au fourrage traditionnel. Ces recherches sont essentielles pour préparer l'agriculture française aux défis futurs, notamment en développant des cultures plus résistantes à la sécheresse ou en optimisant l'utilisation des ressources disponibles.

Ce que ça pourrait changer

La crise actuelle met en lumière la nécessité d'adapter les pratiques agricoles aux nouvelles réalités climatiques. Les experts s'accordent sur le fait que les épisodes de sécheresse pourraient devenir plus fréquents et plus intenses en raison du réchauffement climatique. Pour y faire face, plusieurs pistes sont envisagées : diversification des cultures, amélioration des techniques de stockage du fourrage, ou encore développement de systèmes d'irrigation plus efficaces. Cependant, ces solutions nécessitent des investissements importants et une coordination entre les acteurs publics et privés. À plus long terme, la transition vers une agriculture plus durable et résiliente apparaît comme une priorité pour garantir la sécurité alimentaire du pays tout en préservant les revenus des agriculteurs.

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