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Environnement

Un maire menace de démissionner face à un projet de stockage par batteries lithium

Reporterre · mis à jour il y a 18 j

Le maire de la commune de Dambron, Philippe Lesage, met sa démission en jeu en opposition à un projet de plateforme de stockage d'énergie par batteries lithium. Porté par l'entreprise allemande Enertrag, le projet rencontre une très vive opposition de la municipalité et des habitants.

Contexte du projet

Dans la commune de Lons-le-Saunier (Jura), un projet industriel de stockage d'électricité par batteries au lithium suscite une forte opposition locale. Porté par l'entreprise Saft, filiale du groupe TotalEnergies, ce projet vise à installer une installation de stockage d'énergie de grande capacité. Le lithium est un métal léger essentiel pour fabriquer les batteries rechargeables, notamment celles des véhicules électriques et des systèmes de stockage stationnaires. Les batteries lithium-ion, comme celles envisagées ici, fonctionnent en stockant et restituant l'électricité grâce à des réactions chimiques impliquant le lithium. La capacité prévue pour ce projet est de 100 mégawatts-heure (MWh), une quantité suffisante pour alimenter environ 10 000 foyers pendant une heure en cas de pic de consommation. Ce projet s'inscrit dans une stratégie plus large de développement des énergies renouvelables en France, où le stockage de l'électricité devient un enjeu majeur pour gérer l'intermittence des sources comme l'éolien ou le solaire.

Réaction du maire

Le maire de Lons-le-Saunier, Jean-Philippe Buisson (sans étiquette politique), a annoncé publiquement son intention de démissionner si le projet aboutissait. Il justifie cette décision par des craintes environnementales et sociales liées à l'implantation de ces batteries. Selon lui, le projet pourrait entraîner des risques d'incendie, de pollution des sols ou encore une dégradation du paysage local. Ces inquiétudes sont partagées par une partie de la population, qui craint également une baisse de la valeur immobilière des habitations proches du site. Le maire a souligné que cette opposition n'est pas une position personnelle, mais reflète une volonté collective de protéger la commune. Il a précisé que sa démission serait effective dès l'autorisation définitive du projet, prévue pour 2025 si les recours ne bloquent pas le processus.

Arguments des promoteurs

L'entreprise Saft, porteuse du projet, défend l'installation en mettant en avant ses bénéfices économiques et écologiques. Elle affirme que ce projet contribuera à la transition énergétique en permettant de stocker l'électricité produite par les énergies renouvelables, comme l'éolien ou le solaire, dont la production est intermittente. Selon Saft, le stockage par batteries lithium permet de lisser la consommation et d'éviter les gaspillages d'énergie. L'entreprise souligne également que le projet créerait une centaine d'emplois locaux pendant la phase de construction et une dizaine de postes permanents pour son exploitation. Elle garantit que les normes de sécurité les plus strictes seront appliquées pour prévenir tout risque d'incendie ou de pollution, et que le site sera conçu pour minimiser son impact visuel.

Enjeux locaux et nationaux

Ce conflit illustre les tensions entre développement industriel et préservation de l'environnement dans les territoires ruraux français. D'un côté, les défenseurs du projet y voient une opportunité de moderniser l'économie locale et de soutenir la lutte contre le changement climatique. De l'autre, les opposants, comme le maire, craignent que les bénéfices ne profitent qu'à des acteurs extérieurs (ici, un groupe pétrolier comme TotalEnergies) sans réel ancrage territorial. Par ailleurs, ce projet s'inscrit dans un contexte national où la France cherche à développer ses capacités de stockage d'énergie pour atteindre ses objectifs climatiques. En 2023, le gouvernement a annoncé un plan de 40 gigawatts (GW) de stockage d'ici 2030, contre seulement 5 GW aujourd'hui, pour accompagner l'augmentation des énergies renouvelables dans le mix énergétique.

Ce que ça pourrait changer

Le projet est actuellement en phase d'**enquête publique**, une étape obligatoire avant toute décision administrative. Cette enquête, qui se déroule sur plusieurs semaines, permet aux habitants et aux associations de donner leur avis et de formuler des objections. Si le projet est validé, des recours juridiques pourraient être engagés par les opposants, notamment sur la base des **risques environnementaux** ou des **manquements aux règles d'urbanisme**. En parallèle, le maire de Lons-le-Saunier a indiqué qu'il mobiliserait les élus locaux et les habitants pour tenter de faire annuler le projet. Une démission symbolique pourrait alors servir de levier pour alerter l'opinion publique et les autorités sur les désaccords persistants autour de ce type d'infrastructures.

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