Un organisme québécois prend du gallon à la COP17 en Arménie
La SNAP Québec dirigera un forum de discussion sur des modèles économiques alternatifs à la COP17..
La COP17, qui se tiendra à Erevan en Arménie à partir du 19 octobre 2026, est une conférence internationale où les États discutent des enjeux environnementaux mondiaux. Pour la première fois, un organisme québécois, la Société pour la nature et les parcs du Canada (SNAP Québec), a réussi à intégrer un forum de plusieurs jours dans la programmation officielle de cette COP. Ce forum réunira écologistes, dignitaires et industriels pour réfléchir aux causes profondes du déclin de la biodiversité. La SNAP Québec, dirigée par Alain Branchaud, milite depuis des années pour un changement des modèles économiques actuels, jugés insoutenables. L'objectif est de repenser la croissance économique afin de respecter les limites de la planète.
Selon l'ONG Global Footprint Network, l'humanité vit à crédit écologique depuis le 30 juillet 2026. Cela signifie que la consommation et l'exploitation des ressources naturelles dépassent de 73 % la capacité de régénération des écosystèmes. En d'autres termes, il faudrait 1,73 planète pour subvenir aux besoins actuels. Alain Branchaud, directeur général de la SNAP Québec, souligne que ce dépassement pourrait entraîner des crises majeures dans la prochaine décennie. Le modèle économique actuel, basé sur une croissance continue, est pointé du doigt comme principal responsable de cette situation. La science confirme que ces pratiques ne sont pas viables à long terme.
La SNAP Québec critique les modèles économiques dominants qui privilégient la croissance au détriment des écosystèmes et de la biodiversité. Alain Branchaud explique que ces modèles reposent sur une machine économique nécessitant une croissance continue et des comportements de consommation insoutenables. Il cite l'exemple du doughnut economics (économie du beigne), développé par Kate Raworth, qui propose un équilibre entre un plancher social (accès aux besoins de base) et un plafond environnemental (limites à ne pas dépasser). Ce modèle vise à maintenir un niveau de vie décent tout en respectant les limites planétaires, comme les changements climatiques ou la perte de biodiversité.
Alain Branchaud estime qu'il est urgent de modifier les pratiques économiques actuelles pour éviter des crises futures. Il souligne que la science est claire : les enjeux sont à la fois physiques et mathématiques. La SNAP Québec propose des projets pilotes pour tester des modèles alternatifs, comme celui de l'économie du beigne, qui pourraient réduire les inégalités et les pressions environnementales. Cependant, Branchaud précise que la protection des habitats naturels seule ne suffira pas. Il faut agir sur les causes profondes, notamment en repensant les modèles économiques pour les rendre compatibles avec les limites planétaires.
Des villes comme Amsterdam et Grenoble ont déjà adopté des pratiques inspirées de l'économie du beigne. Ce modèle, développé par Kate Raworth, cherche à concilier bien-être humain et respect de l'environnement en fixant des limites claires. Par exemple, il faudrait éviter de dépasser certains seuils comme l'acidification des océans ou la perte de biodiversité. L'objectif est de créer une économie qui assure un niveau de vie décent pour tous, sans épuiser les ressources de la planète. Ces initiatives montrent qu'il est possible de repenser l'économie de manière progressive et réaliste.

