À Berlin, une gerbe de l’AfD détruite lors d’un hommage aux résistants contre le nazisme
Une composition florale déposée par l’AfD a semé la discorde, lundi 20 juillet, lors d’une cérémonie d’hommage aux résistants, 82 ans après la tentative d’assassinat d’Adolf Hitler. Le parti d’extrême droite est régulièrement accusé d’entretenir des liens avec l’idéologie nazie, rappelle la “Deutsche Welle”..
Le 20 juillet 2024, une cérémonie commémorative a eu lieu à Berlin pour marquer le 82e anniversaire de l’opération Walkyrie. Cet événement historique, survenu le 20 juillet 1944, visait à assassiner Adolf Hitler et à renverser le régime nazi. La cérémonie s’est déroulée dans le Bendlerblock, un complexe de bâtiments aujourd’hui occupé par le ministère de la Défense allemand. Claus von Stauffenberg, figure centrale de ce complot, a été exécuté le jour même après l’échec de l’opération. L’opération Walkyrie est un épisode clé de la résistance allemande contre le nazisme, souvent étudié dans les programmes d’histoire.
Lors de cette cérémonie, un incident a éclaté lorsque des descendants de résistants au nazisme ont tenté d’empêcher une gerbe déposée par l’AfD (Alternative für Deutschland) d’être installée. Une petite-fille d’un résistant a déclaré : « C’est un parti fasciste », avant que la gerbe ne soit détruite lors d’une altercation avec un agent de sécurité. Tobias Korenke, petit-neveu du pasteur Dietrich Bonhoeffer (assassiné dans un camp de concentration), a exprimé sa « profonde colère » face à la présence de l’AfD lors de cet hommage. Il a affirmé : « Nous ne l’accepterons pas. » L’AfD, comme tous les partis représentés au Bundestag (le parlement allemand), avait été invitée à déposer des compositions florales lors de la cérémonie.
Plusieurs agences d’État allemandes chargées de la protection de la Constitution (organismes publics chargés de surveiller les menaces contre l’ordre démocratique) ont révélé que des franges de l’AfD comptent dans leurs rangs des personnes ayant des liens avec l’idéologie nazie. Près de la moitié des membres du comité exécutif fédéral de l’AfD proviennent de fédérations régionales classées comme « extrémistes de droite avérées » par les services de renseignement intérieur allemand. Ces informations soulèvent des questions sur la légitimité de la présence de ce parti lors d’un hommage aux résistants contre le nazisme, alors que l’Allemagne se veut un rempart contre la résurgence de l’extrémisme.
L’incident a mis en lumière les tensions autour de la mémoire historique en Allemagne, notamment concernant la place de l’extrême droite dans la société. Tous les partis du *Bundestag*, y compris l’AfD, avaient été conviés à participer à la cérémonie, ce qui a suscité des débats sur l’inclusion de ce parti dans des événements commémoratifs officiels. Les propos de Tobias Korenke et l’action des descendants de résistants reflètent un rejet unanime de l’AfD dans ce contexte, en raison de ses positions controversées et de ses liens présumés avec l’extrémisme. Cet épisode illustre aussi les défis auxquels l’Allemagne fait face pour préserver son héritage démocratique face à la montée des discours d’extrême droite.

