Polluants éternels, micro-plastiques : quels sont leurs effets sur la santé ?
Les *polluants éternels*, ou PFAS (*substances per- et polyfluoroalkylées*), désignent une famille de plus de 4 700 composés chimiques synthétiques utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméables et résistantes à la chaleur. Ces molécules, surnommées *éternelles* car elles ne se dégradent pas naturellement dans l’environnement, s’accumulent dans les sols, les eaux et les organismes vivants. Leur persistance est telle qu’on les retrouve même dans le sang humain, où leur demi-vie (temps nécessaire pour que leur quantité diminue de moitié) peut atteindre plusieurs années. Ces polluants sont notamment présents dans les ustensiles de cuisine antiadhésifs, les vêtements imperméables, les mousses anti-incendie ou encore certains emballages alimentaires. Leur toxicité potentielle pour la santé humaine fait l’objet de recherches intensives, notamment en raison de leur lien possible avec des cancers, des troubles hormonaux ou des maladies du foie.
Les polluants éternels, ou PFAS (substances per- et polyfluoroalkylées), désignent une famille de plus de 4 700 composés chimiques synthétiques utilisés depuis les années 1950 pour leurs propriétés antiadhésives, imperméables et résistantes à la chaleur. Ces molécules, surnommées éternelles car elles ne se dégradent pas naturellement dans l’environnement, s’accumulent dans les sols, les eaux et les organismes vivants. Leur persistance est telle qu’on les retrouve même dans le sang humain, où leur demi-vie (temps nécessaire pour que leur quantité diminue de moitié) peut atteindre plusieurs années. Ces polluants sont notamment présents dans les ustensiles de cuisine antiadhésifs, les vêtements imperméables, les mousses anti-incendie ou encore certains emballages alimentaires. Leur toxicité potentielle pour la santé humaine fait l’objet de recherches intensives, notamment en raison de leur lien possible avec des cancers, des troubles hormonaux ou des maladies du foie.
Les microplastiques sont des fragments de plastique de moins de 5 millimètres de diamètre, issus de la dégradation de déchets plastiques plus grands ou directement produits sous forme microscopique (comme les microbilles utilisées dans certains cosmétiques). On les retrouve dans les océans, les sols, l’air et même dans les organismes vivants, des poissons aux humains. Une étude récente estime qu’un être humain ingère en moyenne 5 grammes de microplastiques par semaine, soit l’équivalent d’une carte de crédit. Ces particules peuvent transporter des polluants chimiques ou des bactéries pathogènes, et leur impact sur la santé reste encore partiellement inconnu. Les microplastiques sont particulièrement préoccupants car ils persistent dans l’environnement pendant des siècles, voire des millénaires.
Les humains sont exposés aux PFAS et aux microplastiques principalement par trois voies : l’alimentation, l’eau potable et l’inhalation. Les PFAS, par exemple, contaminent souvent les eaux souterraines près des sites industriels ou des bases militaires où ils étaient utilisés pour leurs propriétés anti-incendie. Les microplastiques, eux, proviennent de la dégradation des emballages alimentaires, des vêtements synthétiques ou des pneus de voiture. Une fois ingérés ou inhalés, ces polluants peuvent s’accumuler dans les organes, comme le foie ou les poumons, et traverser la barrière placentaire chez les femmes enceintes, exposant ainsi les fœtus. Les scientifiques soulignent que même à faible dose, une exposition prolongée pourrait avoir des effets cumulatifs néfastes.
Les recherches actuelles suggèrent que les PFAS pourraient être liés à plusieurs problèmes de santé, notamment des cancers (rein, testicules), des troubles de la fertilité, une baisse de la réponse immunitaire et des maladies métaboliques comme le diabète. Une étude américaine a montré que les personnes exposées à des niveaux élevés de PFAS avaient un risque accru de 70 % de développer un cancer du rein. Quant aux microplastiques, leur impact direct sur la santé humaine reste mal connu, mais des expériences en laboratoire indiquent qu’ils pourraient provoquer des inflammations, perturber le microbiote intestinal ou favoriser le développement de maladies chroniques. Les autorités sanitaires appellent à une meilleure évaluation des risques, faute de réglementations strictes dans de nombreux pays.
Le toxicologue Lucas Gaillard, interviewé dans ce podcast, travaille sur les mécanismes de toxicité des PFAS et des microplastiques. Ses recherches visent à comprendre comment ces polluants interagissent avec les cellules humaines et quels sont leurs effets à long terme. Les scientifiques utilisent des modèles animaux et des études épidémiologiques pour évaluer ces risques. Par exemple, une étude récente a montré que les microplastiques pouvaient altérer la fonction des cellules pulmonaires chez les souris exposées à des concentrations comparables à celles rencontrées dans l’air pollué des grandes villes. Cependant, les résultats restent préliminaires et nécessitent des investigations supplémentaires pour confirmer ces hypothèses chez l’humain.
Face à cette pollution invisible, plusieurs pistes sont explorées pour limiter l’exposition aux PFAS et aux microplastiques. En Europe, des réglementations plus strictes sont mises en place, comme l’interdiction progressive des PFAS dans certains produits ou l’obligation de traiter les eaux usées pour éliminer ces polluants. Aux États-Unis, des États comme la Californie ont adopté des lois pour réduire la contamination par les PFAS. Pour les microplastiques, des solutions incluent le développement de matériaux biodégradables, l’amélioration du recyclage et la sensibilisation du public à l’usage des emballages en plastique. Cependant, les défis restent immenses : ces polluants sont déjà omniprésents, et leur élimination totale semble impossible à court terme. Les experts insistent sur la nécessité d’une approche globale, combinant recherche, régulation et innovation.

