NapseflowNapseflow
Recherche

Pourquoi les prix alimentaires ne baissent-ils pas immédiatement avec ceux de l’énergie ?

The Conversation France · mis à jour il y a 17 j

L’ESSENTIEL En cette rentrée scolaire et en début de campagne présidentielle disputée, la question de l’inflation revient en force. Si la flambée du coût de l’énergie explique la hausse des prix alimentaires, pourquoi ceux-ci ne baissent-ils pas quand le prix du pétrole recule ? Loin d’être mécanique, la transmission de la hausse des prix d’un secteur à l’autre emprunte des voies multiples qui rendent l’impact d’une baisse incertain.

Décalage entre énergie et alimentation

Entre 2022 et 2025, les prix de l’énergie et de l’alimentation en France ont évolué de manière décalée. En 2022, l’énergie a augmenté de 23,1 % tandis que l’alimentation progressait de 6,8 %. En 2023, l’énergie ralentissait à 5,6 %, mais l’alimentation accélérait à 11,8 %. Ce n’est qu’en 2024 que les deux rythmes se rapprochent (2,3 % pour l’énergie et 1,4 % pour l’alimentation), et en 2025 que l’énergie recule de 5,6 % tandis que les prix alimentaires continuent d’augmenter de 1,2 %. Ce décalage s’explique par le temps nécessaire pour que le choc énergétique se propage à travers la chaîne alimentaire, des engrais aux rayons des supermarchés.

Rôle clé de l’énergie

L’énergie est un intrant essentiel dans la production alimentaire. Le gaz sert à fabriquer les engrais azotés, le pétrole alimente les tracteurs et les camions, et l’électricité fait fonctionner les serres, les chambres froides et les usines de transformation. Une hausse de 1 % du coût de l’énergie entraîne en moyenne une augmentation de 0,28 % des prix de production dans l’industrie alimentaire. Cependant, son impact varie selon les produits et les étapes de la chaîne, car chaque maillon (agriculteurs, industriels, transporteurs, distributeurs) réagit avec un délai et une intensité différents.

Trois mécanismes de lenteur

Trois facteurs expliquent pourquoi les prix alimentaires ne baissent pas immédiatement après ceux de l’énergie. D’abord, les contrats à prix fixe ou les stocks achetés à l’avance maintiennent des coûts élevés même après une baisse des cours. Ensuite, la transmission des coûts s’étale sur plusieurs mois : une étude de l’Insee montre que les ajustements de prix peuvent prendre jusqu’à cinq trimestres pour les produits vendus aux distributeurs. Enfin, tous les coûts ne baissent pas en même temps : si le prix du blé recule, les salaires, les loyers ou les emballages peuvent rester élevés, limitant l’impact global.

Inflation vs déflation

Une confusion fréquente consiste à confondre désinflation (ralentissement de la hausse des prix) et déflation (baisse des prix). Par exemple, un panier de courses à 100 € passe à 115 € avec une hausse de 15 %, puis à 116,15 € avec une nouvelle hausse de 1 %. Même si l’inflation ralentit ensuite à 1 %, le prix reste à 116,15 €. Pour revenir à 100 €, il faudrait une baisse de 14 %. Ainsi, même une déflation ne garantit pas un retour aux prix d’avant-crise, ce qui explique pourquoi les consommateurs ont l’impression que « les prix ne redescendent jamais ».

Marges et facteurs multiples

Les marges des entreprises ne sont pas le seul facteur expliquant la persistance des prix élevés. Selon l’Insee, les marges des industries agroalimentaires se sont redressées en 2022, mais celles du commerce se sont réduites entre fin 2021 et fin 2022. D’autres éléments entrent en jeu : des coûts encore élevés, des contrats signés avant la baisse des cours, l’écoulement progressif des stocks, les négociations commerciales et, ponctuellement, une reconstitution des marges. Ainsi, plusieurs facteurs se superposent pour maintenir les prix à un niveau élevé.

Ce que ça pourrait changer

Le choc énergétique de 2021-2022 s’est diffusé à travers toute la chaîne alimentaire, des engrais aux rayons des supermarchés. Sa décrue suit le même chemin, mais avec des délais et des intensités variables. Même si l’énergie recule, ses effets persistent dans les prix alimentaires actuels. Le ralentissement de l’inflation est une amélioration, mais il ne restitue pas automatiquement le pouvoir d’achat perdu. Les prix peuvent cesser d’augmenter rapidement tout en restant durablement supérieurs à leur niveau d’avant-crise, ce qui explique pourquoi les consommateurs perçoivent une hausse durable des coûts.

Sujets complémentaires
Mille millions de mille cyborgs ! Pourquoi les pirates informatiques demandent de plus en plus de rançons en cryptomonnaies
L’ESSENTIEL Les rançongiciels, ces logiciel bloquant l’accès à un ordinateur en volant ses données en échange d’une rançon, ont rapporté plus de 800 millions de dollars en 2025. Pour partir avec leur butin, les pirates du Web passent de plus en plus par les cryptomonnaies, plus rémunératrices et moins traçables. Les positions ambiguës des États, comme la Russie, l’Iran et la Corée du Nord, brouillent encore plus les pistes pour les gendarmes financiers. Cet été , une cyberattaque d’ampleur a touché le système d’information de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) avec le vol de données fiscales et cadastrales de 678 000 particuliers et professionnels. Les fuites : noms, prénoms, adresses po
Les faucons russes, idéologues du conservatisme modernisateur
Depuis les années 1960, des idéologues soviétiques puis russes ont développé une théorie associant traditionalisme et modernisation technologique pour promouvoir un État autoritaire de type stalinien. Leur influence ne résulte pas seulement de la diffusion de leurs idées, mais aussi de leur capacité à s’organiser en réseaux et à tirer parti d’un pluralisme idéologique toujours strictement encadré par le pouvoir. Dans son livre les Faucons russes. Des idéologues au service de l’empire. De 1960 à nos jours , paru le 17 septembre aux Presses universitaires de France, Juliette Faure, professeure de science politique à l’Université libre de Bruxelles, retrace la généalogie de ce mouvement et montre comment, depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, ses thèmes impérialistes, anti-occidentaux et conservateurs ont retrouvé une place centrale. Extraits. Aux origines du conservatisme modernisateur</h2

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.