Histoire de la diététique : herboristerie, tisanières et marmites à découvrir au Musée de l'APHP
Le Musée de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris à l’hôpital Bicêtre détient une collection de 13 000 objets racontant les pratiques.
Le Musée de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (APHP), situé à l’hôpital Bicêtre, abrite une collection exceptionnelle de 13 000 objets retraçant l’histoire de la diététique et des soins à travers les siècles. Fondé sur les bases de la première pharmacie hospitalière créée à l’Hôtel-Dieu de Paris en 1495, ce musée illustre comment l’alimentation et les préparations médicinales étaient intégrées aux traitements médicaux. Parmi ces objets, on trouve des instruments et récipients variés, comme des marmites géantes ou des tisanières d’une contenance de 75 litres, ainsi que des bocaux contenant des herbes ou des minéraux aux propriétés thérapeutiques. Ces artefacts révèlent une époque où la cuisine et la médecine étaient étroitement liées, bien avant l’avènement de la pharmacologie moderne.
Au sein de l’apothicairerie historique de l’APHP, les repas n’étaient pas de simples moments de convivialité, mais des éléments actifs des soins prodigués aux patients. Les archives conservées dans le musée montrent que les décoctions de plantes, les fermentations de vins, les breuvages et les bouillons étaient systématiquement utilisés pour accompagner ou soigner les malades. Par exemple, des tisanes à base de plantes médicinales étaient préparées pour leurs vertus apaisantes ou stimulantes, tandis que des bouillons riches en nutriments étaient administrés pour renforcer les organismes affaiblis. Ces pratiques reflètent une approche holistique de la santé, où l’alimentation et la pharmacopée se complétaient.
Parmi les pièces les plus remarquables du musée figurent des marmites géantes et des tisanières de 75 litres, utilisées pour préparer en grande quantité les remèdes ou les plats thérapeutiques. On y trouve également des bocaux en verre contenant des herbes séchées, des racines, des écorces ou des minéraux, tous sélectionnés pour leurs propriétés médicinales. Ces objets, souvent en faïence ou en étain, témoignent du savoir-faire artisanal et des techniques de conservation de l’époque. Leur état de conservation permet de mieux comprendre les méthodes de préparation et d’administration des remèdes, ainsi que l’importance accordée à la qualité des ingrédients.
Pour rendre ces trésors accessibles au grand public, l’APHP organise des **visites nocturnes** dans les réserves du musée. Ces visites, animées par des médiateurs culturels comme **Agnès Virole**, responsable du musée, et **Aurélie Prevost**, chargée de la médiation, offrent une plongée dans l’histoire de la diététique et de la pharmacie hospitalière. Les participants peuvent ainsi découvrir des objets rares et des archives méconnues, tout en apprenant comment les pratiques médicales ont évolué au fil des siècles. Ces événements, organisés régulièrement, permettent de sensibiliser le public à l’importance du patrimoine médical et à son rôle dans l’histoire des soins.

