L'École, fabrique du sexisme ? / Troubles du comportement alimentaire: comprendre pour mieux aider
Louise Tourret reçoit Aurélia Blanc, autrice de "Ce que l'école fait aux filles" (Robert Laffont), et Carole Zerbib, membre du syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale. En deuxième partie, Hugo Saoudi nous aide à mieux comprendre les troubles du comportement alimentaire.
L'émission Être et savoir sur France Culture explore le rôle de l'école dans la reproduction des inégalités entre filles et garçons, un phénomène souvent qualifié de sexisme institutionnel. Aurélia Blanc, autrice de l'ouvrage Ce que l'école fait aux filles (Robert Laffont), y analyse comment les stéréotypes de genre influencent les attentes des enseignants, les orientations scolaires et les comportements des élèves dès le plus jeune âge. Par exemple, les filles sont souvent encouragées vers des filières littéraires ou sociales, tandis que les garçons sont orientés vers des voies scientifiques ou techniques, même à résultats égaux. Carole Zerbib, proviseure et membre du syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale (SNPDEN-UNSA), apporte un éclairage sur les mécanismes concrets de cette fabrique du sexisme, comme les remarques anodines mais porteuses de stéréotypes, ou les différences de traitement dans les interactions quotidiennes en classe. L'objectif n'est pas de désigner l'école comme un acteur malveillant, mais de souligner comment des normes sociales profondément ancrées peuvent se perpétuer malgré les intentions affichées des institutions éducatives.
La seconde partie de l'émission aborde les *troubles du comportement alimentaire* (TCA), un enjeu de santé publique qui touche particulièrement les adolescents et les jeunes adultes. Hugo Saoudi, expert invité, explique que ces troubles, comme l'anorexie, la boulimie ou l'hyperphagie, sont souvent liés à des facteurs multiples : pression sociale, image corporelle idéalisée, stress scolaire ou familial, et parfois des antécédents de harcèlement. En France, environ 600 000 personnes sont concernées par ces troubles, avec une prévalence plus élevée chez les femmes (environ 80 % des cas). Les TCA peuvent avoir des conséquences graves, comme des problèmes cardiovasculaires, des troubles psychiatriques ou un isolement social. L'émission souligne l'importance d'une prise en charge précoce et pluridisciplinaire, associant médecins, psychologues et éducateurs, pour éviter l'aggravation des symptômes et favoriser la guérison. Les professionnels de santé insistent aussi sur la nécessité de sensibiliser les proches et les enseignants pour repérer les signes avant-coureurs, comme des changements brutaux de comportement ou une obsession pour le poids.

