Trump signe un décret renommant le lac Ontario « lac d’Amérique » aux États-Unis
Le lac Ontario conservera son nom d'origine « aujourd'hui et pour toujours », rétorque Mark Carney..
Le 27 août 2026, l'ancien président américain Donald Trump a signé un décret officiel renommant le lac Ontario en lac d’Amérique aux États-Unis. Cette décision s’inscrit dans une série de mesures symboliques visant à marquer une position forte dans les relations commerciales avec le Canada. Le décret a été signé dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, où une affiche géante affichait le nouveau nom en grosses lettres rouges. Trump a également fait référence à d’autres plans d’eau, suggérant que ce changement pourrait s’étendre à d’autres étendues d’eau comme l’océan Atlantique ou Pacifique. Cette initiative rappelle une décision similaire prise en 2025, lorsque Trump avait renommé le golfe du Mexique en golfe d’Amérique.
Le renommage du lac Ontario survient dans un contexte de tensions commerciales accrues entre les États-Unis et le Canada. Les deux pays ont imposé mutuellement des droits de douane de 50 % sur des produits d’une valeur de 28 milliards de dollars après l’échec des négociations commerciales. Les États-Unis ont ciblé des produits canadiens comme l’acier, les produits laitiers et les électroménagers, tandis que le Canada a riposté en taxant des produits américains similaires. Trump a justifié ce changement de nom par des critiques envers le Canada, qu’il qualifie de pire partenaire commercial avec lequel négocier, estimant que le pays abuse de sa position. Ces droits de douane s’ajoutent à une série de mesures protectionnistes prises par son administration.
Le décret signé par Trump ne peut pas imposer le nouveau nom au Canada, car le lac Ontario est un plan d’eau transfrontalier dont les rives sont partagées entre les deux pays. Le changement de nom ne s’appliquera qu’aux documents et services géographiques fédéraux américains, comme les cartes officielles produites par des agences gouvernementales. Certains services de cartographie en ligne pourraient suivre cette décision, mais il n’existe pas d’organisme international unique pour imposer des noms aux plans d’eau internationaux. L’Organisation hydrographique internationale, dont les États-Unis et le Canada sont membres, veille à l’uniformité des noms des mers et océans, mais son rôle est limité pour les eaux intérieures comme le lac Ontario.
Le premier ministre canadien Mark Carney a réagi immédiatement au décret de Trump en publiant un message sur le réseau social X, affirmant que le lac Ontario s’appellera aujourd’hui et pour toujours lac Ontario. Il a rappelé que le nom du lac provient du mot wendat oniatarí:io, signifiant lac aux eaux étincelantes, et qu’il est utilisé depuis plus de 400 ans, bien avant la création du Canada en 1867. Le premier ministre du Manitoba, Wab Kinew, a critiqué Trump en comparant ses tactiques à celles d’un groupe de rock vieillissant, estimant que ses tentatives de renommage relèvent d’une stratégie électoraliste désespérée pour séduire sa base. Ces réactions illustrent la fermeté du Canada face aux provocations symboliques de l’administration Trump.
La décision de Trump a provoqué une polémique médiatique aux États-Unis, notamment après que l’agence de presse *Associated Press* (AP) a refusé d’utiliser le nom *golfe d’Amérique* dans ses reportages, conformément à ses règles éditoriales. En représailles, la Maison-Blanche a retiré à AP certaines missions de couverture du président, avant que l’agence ne porte plainte contre cette décision. Cette affaire a mis en lumière les tensions entre l’administration Trump et les médias, ainsi que l’impact limité des décrets présidentiels sur les noms géographiques à l’échelle internationale. Elle souligne également les défis liés à la gestion des relations transfrontalières dans un contexte de rivalité commerciale.

