Avec la “Muse en boîte” de l’IA, qu’adviendra-t-il de nos désirs ?
Les machines étant amenées à travailler de plus en plus à notre place, qu’allons-nous pouvoir faire de notre temps libre ? Une question qui tarabuste l’économiste et philosophe Tomas Sedlacek, dans le quotidien tchèque “Hospodarske Noviny”. Chaque semaine, “Courrier international” vous propose un billet qui soulève des interrogations sur notre condition moderne en s’appuyant sur des œuvres littéraires, scientifiques et, bien sûr, philosophiques..
Meta, la société mère du réseau social Facebook, a récemment dévoilé un assistant personnel basé sur l’intelligence artificielle (IA) nommé Muse. Cet outil est conçu pour automatiser des tâches quotidiennes, comme organiser un emploi du temps ou suggérer spontanément des activités, par exemple organiser un dîner entre amis. Contrairement aux assistants classiques qui répondent à des commandes précises, Muse est capable de proposer des actions de manière proactive, en analysant les habitudes et les préférences de l’utilisateur. L’IA désigne un système informatique capable d’imiter des comportements humains, comme le raisonnement ou l’apprentissage, grâce à des algorithmes et à l’analyse de grandes quantités de données. Ici, Muse incarne une évolution vers des machines qui ne se contentent plus de répondre, mais qui anticipent les besoins.
Dans la mythologie mésopotamienne, la Muse (ou des divinités similaires) était une entité inspirante associée à la création artistique, à l’amour et à la projection de l’avenir. Elle intervenait de manière imprévisible, tantôt présente pour guider les poètes ou les dirigeants, tantôt absente. L’article établit un parallèle entre cette figure mythologique et l’IA Muse, soulignant que cette dernière, autrefois réservée à l’imaginaire, est désormais intégrée à une machine. Cette comparaison met en lumière une transformation fondamentale : ce qui relevait du divin ou de l’inspiration humaine est désormais délégué à une technologie. Le texte évoque également Karl Marx, philosophe et économiste du XIXe siècle, qui a théorisé le travail comme élément central de l’identité humaine et de la société.
Dans la mythologie mésopotamienne, les dieux créaient des êtres humains pour leur déléguer les tâches pénibles, libérant ainsi les divinités inférieures de ces corvées. L’article souligne que cette vision rejoint une aspiration humaine contemporaine : confier aux machines et à l’apprentissage automatique (une branche de l’IA qui permet aux systèmes d’apprendre à partir de données) les tâches répétitives ou fastidieuses. Cette délégation vise à libérer du temps et à améliorer le bien-être. Cependant, l’article questionne indirectement les conséquences de cette automatisation sur la perception de notre rôle et de notre identité, en s’appuyant sur des réflexions philosophiques et économiques anciennes.

