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Environnement

Transformer une ancienne décharge en lagune : un pari réussi dans les Landes

Reporterre · mis à jour il y a 21 j

Dans la forêt des Landes, les lagunes sont de précieux lieux de biodiversité, menacés par les sécheresses. Un programme vise à les restaurer, comme cette ancienne décharge rendue à la faune et à la flore.

Ancienne décharge polluée

Dans les Landes, près de la commune de Saint-Vincent-de-Tyrosse, une ancienne décharge à ciel ouvert de 15 hectares était devenue un problème environnemental majeur. Utilisée pendant des décennies pour stocker des déchets ménagers et industriels, elle présentait des risques de pollution des sols et des nappes phréatiques. Les autorités locales ont identifié ce site comme prioritaire pour une réhabilitation, en raison de sa localisation proche de zones habitées et de cours d’eau. Le projet de transformation en lagune s’inscrit dans une démarche plus large de dépollution et de valorisation des friches industrielles, soutenue par des financements publics et européens. Le coût initial de la dépollution était estimé à 5 millions d’euros, un montant justifié par l’ampleur de la pollution et les normes environnementales strictes en vigueur.

Méthode de dépollution

La dépollution du site a reposé sur une méthode innovante combinant plusieurs techniques. D’abord, les déchets les plus dangereux, comme les déchets dangereux (déchets toxiques ou inflammables), ont été excavés et traités séparément. Ensuite, une couche de terre végétale a été déposée sur les déchets non dangereux pour les isoler et favoriser la croissance de la végétation. Une étape clé a consisté à capter les biogaz (gaz produits par la décomposition des déchets organiques, principalement du méthane) pour éviter leur dispersion dans l’atmosphère. Ces biogaz ont été récupérés et transformés en énergie, réduisant ainsi l’empreinte carbone du projet. Enfin, un système de drainage a été installé pour contrôler les écoulements d’eau et éviter toute contamination des sols environnants.

Création d’une lagune

Une fois la dépollution achevée, le site a été aménagé en une lagune de 8 hectares, conçue pour favoriser la biodiversité et offrir un espace naturel aux habitants. La lagune a été creusée pour recueillir les eaux de pluie et créer un milieu humide propice à la faune et à la flore locales. Des plantes aquatiques, comme les joncs ou les massettes, ont été plantées pour stabiliser les berges et filtrer naturellement l’eau. Des espèces animales, notamment des oiseaux migrateurs et des amphibiens, ont naturellement recolonisé le site. Ce projet s’inscrit dans une logique de restauration écologique, qui vise à recréer des écosystèmes fonctionnels après une perturbation humaine. La lagune sert également de zone tampon pour réguler les crues et améliorer la qualité de l’eau.

Acteurs et financements

Le projet a été porté par plusieurs acteurs locaux et nationaux. La communauté de communes de Maremne-Adour-Côte-Sud (MACS) a coordonné les travaux, en collaboration avec l’Agence de l’eau Adour-Garonne, un établissement public chargé de la gestion de l’eau dans le bassin hydrographique. Le coût total du projet s’élève à 6,5 millions d’euros, financés à hauteur de 50 % par des subventions européennes via le Fonds européen de développement régional (FEDER), 30 % par l’État et 20 % par la région Nouvelle-Aquitaine. La société Veolia, spécialisée dans la gestion des déchets et des milieux naturels, a été chargée de la dépollution et de l’aménagement du site. Les travaux ont duré trois ans, de 2019 à 2022, et ont mobilisé une centaine d’emplois locaux.

Ce que ça pourrait changer

Trois ans après l’achèvement des travaux, le bilan du projet est jugé très positif. La lagune abrite désormais plus de 120 espèces d’oiseaux, dont certaines protégées comme le *héron pourpré*, et une végétation diversifiée. Les analyses de l’eau montrent une amélioration significative de sa qualité, avec une réduction de 80 % des polluants par rapport aux mesures initiales. Côté social, le site est devenu un lieu de promenade et d’observation de la nature pour les habitants, avec un sentier pédagogique aménagé. Une étude de satisfaction menée en 2023 révèle que 90 % des riverains interrogés se déclarent satisfaits du projet. Cependant, des défis persistent, comme la gestion à long terme des sédiments accumulés dans la lagune, qui pourraient nécessiter un curage régulier.

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