Une juge américaine invalide le gel des visas imposé par Trump à 75 pays
Il s’agit d’un nouveau revers à la lutte contre l'immigration voulue par le président Donald Trump..
Le 22 août 2026, une juge fédérale américaine nommée Jeannette Vargas a déclaré illégal le gel des visas d'immigration imposé par l'administration de Donald Trump en janvier 2026. Cette mesure concernait 75 pays, dont la Somalie, la Russie, l'Afghanistan, le Brésil, l'Iran, l'Irak, l'Égypte, le Nigeria, la Thaïlande et le Yémen. Le gel empêchait les ressortissants de ces pays d'obtenir un visa d'immigrant, qui permet d'obtenir la résidence permanente aux États-Unis, même si leur dossier était par ailleurs complet. La juge a estimé que cette décision dépassait les pouvoirs légaux du secrétaire d'État, Marco Rubio, et qu'elle était contraire à la loi. Tous les refus de visa basés uniquement sur ce gel sont désormais annulés.
Selon l'administration Trump, les immigrants originaires des 75 pays concernés par le gel des visas présentaient un risque élevé de dépendre des prestations sociales ou de devenir une charge pour les finances publiques américaines. Cette justification reposait sur une politique migratoire restrictive visant à limiter l'immigration légale. Cependant, la juge Vargas a jugé que cette argumentation était insuffisante pour justifier une mesure aussi large. En effet, les agents consulaires avaient reçu l'ordre de refuser systématiquement les visas, même lorsque les demandeurs ne remplissaient pas ces critères de risque. Ainsi, des personnes éligibles à un visa d'immigration ont été injustement exclues.
Depuis son retour à la présidence en janvier 2025, Donald Trump a fait de la lutte contre l'immigration clandestine une priorité de son mandat. Outre les expulsions massives d'immigrés en situation irrégulière, son administration a multiplié les restrictions à l'immigration légale. Parmi ses mesures phares, on compte le gel des visas pour 75 pays, mais aussi des frais élevés pour certains visas de travail, comme les 100 000 $ américains pour des visas technologiques, annulés par un juge en juin 2026. En juin 2026 également, la Cour suprême a invalidé un décret supprimant le droit du sol pour les enfants d'immigrés en situation irrégulière, une autre mesure restrictive. Ces décisions judiciaires successives montrent que plusieurs de ses politiques migratoires ont été bloquées par les tribunaux.
La décision de la juge Vargas a des conséquences immédiates pour les demandeurs de visas des 75 pays concernés. Tous les refus de visa basés uniquement sur le gel de janvier 2026 sont annulés, ce qui signifie que les dossiers peuvent être réexaminés. Cette mesure illustre le rôle des tribunaux américains dans le contrôle des politiques migratoires, qui peuvent être jugées illégales si elles dépassent les pouvoirs exécutifs ou violent la loi. Elle rappelle aussi que les restrictions migratoires, même présentées comme des mesures de sécurité ou de gestion budgétaire, doivent respecter des critères juridiques stricts. Cette affaire s'inscrit dans un contexte où plusieurs politiques de Trump ont été contestées en justice.

