Au Soudan, une vague de sanctions internationales peu convaincantes
Le 20 juillet, Washington a imposé des sanctions au gouvernement du général Al-Burhan, qui dirige de facto le Soudan. Médiatrice dans ce conflit, l’administration Trump pèse ainsi de tout son poids sur Khartoum pour aboutir à un “dialogue national”.
Depuis avril 2023, le Soudan est plongé dans une guerre civile opposant deux généraux : le général Abdel-Fattah Al-Burhan, chef d’État de facto et dirigeant de l’armée régulière (SAF), et le général Mohamed Hamdane Daglo, surnommé Hemeti, chef des Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire. Ce conflit a déjà duré plus de trois ans et a causé des milliers de morts, notamment dans la ville d’El-Fasher, où des massacres à grande échelle ont été attribués aux FSR. Les deux camps se disputent le contrôle du pays, avec des conséquences humanitaires dramatiques pour la population civile. Les FSR, soutenues par les Émirats arabes unis, contrôlent de vastes régions de l’ouest du Soudan, tandis que l’armée régulière, dirigée par Al-Burhan, maintient son emprise sur d’autres zones, comme Port-Soudan.
En février 2026, les États-Unis et le Conseil de sécurité de l’ONU ont imposé des sanctions contre les FSR et leurs dirigeants, accusés de crimes contre les civils. Les États-Unis ont également sanctionné l’armée soudanaise, dirigée par Al-Burhan, en gelant son accès aux financements américains et en interdisant aux transporteurs soudanais d’utiliser l’espace aérien américain. Ces mesures visent à affaiblir économiquement les deux camps, mais leur efficacité reste limitée. Le Soudan, dont l’économie est déjà en crise, craint que ces sanctions ne compliquent davantage sa situation. Washington exige un dialogue national et un cessez-le-feu, mais Al-Burhan refuse catégoriquement de mettre l’armée régulière et les FSR sur un pied d’égalité, exigeant la reddition de Hemeti.
Mi-juillet 2026, un tribunal soudanais contrôlé par l’armée a condamné à mort par contumace le général Hemeti et quinze autres hauts responsables des FSR. Cette condamnation, la première contre les dirigeants des FSR depuis le début de la guerre, n’a cependant aucun effet concret, car les condamnés restent hors de portée des autorités. Parallèlement, le gouvernement soudanais a annoncé des poursuites contre les Émirats arabes unis devant les tribunaux américains et internationaux, accusant Abu Dhabi de soutenir les FSR. Le Soudan a également demandé à la Cour pénale internationale (CPI) d’élargir son enquête sur les crimes des FSR au Darfour pour y inclure les acteurs émiratis. Ces actions judiciaires visent à isoler diplomatiquement les FSR et leurs soutiens.
Les États-Unis, l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis forment un Quartet pour la paix au Soudan, mais ce groupe est critiqué pour son hypocrisie. Officiellement, ces pays prônent une solution pacifique, mais en coulisses, certains, comme les Émirats, soutiennent les FSR en leur fournissant des armes. Cette contradiction affaiblit les efforts de médiation internationale et prolonge le conflit. Le Soudan, bien que sous pression américaine, refuse de céder aux exigences de Washington, car il estime que les États-Unis favorisent indirectement les FSR. La situation reste donc bloquée, avec peu de perspectives d’une résolution rapide.
Malgré les sanctions, les condamnations judiciaires et les pressions internationales, aucun des deux camps ne semble prêt à céder. Al-Burhan exige la reddition de *Hemeti*, tandis que les FSR contrôlent toujours des régions clés du pays. Les sanctions pourraient même radicaliser davantage l’armée soudanaise, qui se dit proche de la victoire. La communauté internationale, divisée et souvent guidée par ses propres intérêts, peine à trouver une solution durable. Une issue pacifique dépendrait d’un sursaut inattendu des protagonistes, mais cette éventualité reste incertaine. Pour l’instant, la guerre continue, et la population soudanaise paie le prix d’un conflit sans fin en vue.

