Déjà dans la tourmente, l’auteur québécois Thélyson Orélien est accusé de plagiat
On lui reproche d’avoir copié des passages de textes d’opinion. Il est aussi accusé d’avoir généré un roman par IA..
Thélyson Orélien, auteur québécois d’origine haïtienne, est accusé de plagiat pour des textes d’opinion publiés entre 2012 et 2014 dans plusieurs médias francophones, dont La Presse. Des comparaisons révèlent que ses chroniques reprennent mot pour mot des articles existants, parfois traduits ou adaptés sans mention de la source. Par exemple, un texte de 2013 sur Lance Armstrong, publié dans La Presse, est presque identique à une chronique de l’écrivain Andy Bautista parue cinq jours plus tôt dans The Philippine Star. Une autre chronique de 2014, « La contradiction américaine », s’inspire d’un article de Rodrigo Botero Montoya, ancien ministre colombien des Finances, publié dans La República. Ces révélations ont été confirmées par La Presse et Mediapart, qui ont supprimé les articles concernés après vérification.
En 2014, Thélyson Orélien a remporté le Prix du public de Radio-Canada pour sa nouvelle Où va le monde, publiée en 2012. Cependant, plusieurs passages de cette nouvelle sont identiques à la préface du livre Le matin des magiciens, écrit par Louis Pauwels et Jacques Bergier en 1960. Les premières lignes du texte d’Orélien, par exemple, reprennent presque mot pour mot un passage de la préface du livre français, avec seulement trois mots de différence. Radio-Canada n’a pas souhaité commenter cette affaire après avoir été contactée par Le Devoir.
Depuis le 23 septembre 2026, Thélyson Orélien est également accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle (IA) pour écrire son roman C’était ça ou mourir, à 100 %. Ces accusations proviennent du compte Balance ton Claude sur la plateforme X (anciennement Twitter). L’auteur a rejeté ces allégations en déclarant dans une entrevue à Libération : « J’ai toujours aimé la création et l’écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine ». Ce roman est en compétition pour plusieurs grands prix littéraires français, dont le Goncourt, le Médicis, le Femina et le Renaudot. Il a déjà remporté le prix Fnac, décerné par une chaîne française de magasins culturels.
Les accusations de plagiat et d’utilisation d’IA ont provoqué une vive polémique dans le milieu littéraire, notamment sur les réseaux sociaux. Certaines personnes ont défendu Orélien, évoquant une possible campagne de dénigrement. Le quotidien *Le Devoir* a joué un rôle central dans la révélation de ces affaires, en vérifiant les sources et en contactant les médias concernés. Orélien, chroniqueur récent à *La Presse*, est désormais au cœur d’une tempête médiatique qui met en lumière les questions d’éthique dans l’écriture et l’utilisation des outils numériques dans la création littéraire. Les prix littéraires français, où son roman est en lice, pourraient être affectés par ces controverses.

