La Fifa a “ouvert la porte à la fraude”, accuse le Conseil de l’Europe
Dans une lettre ouverte, Alain Berset, le secrétaire général du Conseil de l’Europe, appelle la Fédération internationale de football à œuvrer d’urgence pour “renforcer l’intégrité du sport”. En cause : les pressions politiques et financières qui ont, selon lui, marqué le Mondial 2026..
Le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a adressé une lettre ouverte à la Fifa à l’approche de la finale du Mondial 2026, prévue le 17 juillet 2026 à New York. Dans ce texte, il formule une sévère réprimande envers la Fédération internationale de football, l’accusant d’avoir laissé éclater une série de scandales. Berset met en garde contre une future crise impliquant l’argent et le pouvoir, et exige la mise en place d’un nouveau cadre d’intégrité avant l’édition 2030, principalement organisée en Europe. Il souligne que la Coupe du monde 2026 laissera un goût d’inachevé en raison des nombreux dysfonctionnements observés.
Alain Berset énumère plusieurs affaires ayant entaché l’image de la Fifa lors de ce Mondial. Parmi elles, une sanction suspendue sous pression en quelques jours sans justification claire, comme celle infligée à l’attaquant américain Folarin Balogun. Le Conseil de l’Europe critique aussi des insultes racistes envers des joueurs, dont certaines émanaient de personnalités élues, comme la sénatrice paraguayenne Celeste Amarilla vis-à-vis de Kylian Mbappé ou l’ancien Premier ministre espagnol Mariano Rajoy à l’encontre de l’équipe de France. Enfin, il dénonce le partenariat controversé entre la Fifa et la plateforme de paris en ligne ADI PredictStreet, présente dans les stades.
Le Conseil de l’Europe alerte sur les dangers du partenariat entre la Fifa et ADI PredictStreet, une entreprise spécialisée dans les marchés prédictifs. Contrairement aux paris traditionnels qui portent sur le résultat d’un match, cette plateforme propose des mises sur des actions individuelles de joueurs, comme une passe ou un corner. Selon Berset, ces paris transforment le jeu en un système où on gagne en faisant perdre les autres, ce qui ouvre la porte à des fraudes. Il souligne que ces pratiques ne sont pas neutres et pourraient fausser l’intégrité du sport.
Pour remédier à ces problèmes, le Conseil de l’Europe propose à la Fifa d’organiser une troisième mi-temps, c’est-à-dire un dialogue constructif dès la finale du 17 juillet 2026. L’objectif est d’élaborer un cadre d’intégrité applicable dès la Coupe du monde 2030. Cette initiative vise à éviter une répétition des scandales actuels et à restaurer la confiance dans le football. Alain Berset insiste sur l’urgence d’agir pour préserver l’éthique du sport, notamment face aux enjeux de neutralité politique et de transparence.
Quelques jours avant la lettre du Conseil de l’Europe, soixante-douze députés européens ont écrit aux vingt-sept fédérations de football de l’*Union européenne* (UE) pour demander une *enquête* sur le président de la Fifa, Gianni Infantino. Ils évoquent des *violations présumées du principe de neutralité politique* et suggèrent que la Fifa a enfreint son propre *code d’éthique* dans l’affaire Balogun. Par ailleurs, le journal *The Guardian* révèle que plus de deux cents associations membres de la Fifa soutiennent officiellement la candidature d’Infantino pour un quatrième mandat, tandis qu’une poignée seulement ne lui a pas apporté son soutien.

