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Généraliste

Des figures environnementales invitent à regarder plus loin que l’urne

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 12 j

Les enjeux s'imposeront d’eux-mêmes après le vote, peu importe qui remportera le scrutin, selon elles..

Élections et environnement

L’article souligne que l’environnement a été peu abordé pendant la campagne électorale québécoise de 2026, malgré son importance. Les enjeux écologiques, comme la réduction des gaz à effet de serre, n’ont pas été des sujets centraux des débats, contrairement à des thèmes comme la réduction du nombre de fonctionnaires ou de règlements. Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales chez Équiterre, un organisme environnemental, explique que les partis politiques ont préféré éviter ce sujet, jugé peu vendeur auprès des électeurs. Steven Guilbeault, ancien ministre fédéral de l’Environnement, note un recul des discussions sur l’écologie au Québec, malgré les efforts de certains partis comme le Parti québécois et Québec solidaire. Il souligne que le prochain gouvernement devra gérer des questions environnementales pressantes, quels que soient les résultats électoraux.

Gaz de schiste : un débat relancé

Le débat sur l’exploitation des gaz de schiste a refait surface pendant la campagne, malgré les risques environnementaux et économiques associés. Les hydrocarbures, comme le gaz de schiste, sont des énergies fossiles extraites par fracturation hydraulique, une technique controversée qui consiste à injecter de l’eau et des produits chimiques sous haute pression dans le sol pour libérer le gaz. Marc-André Viau d’Équiterre considère ce retour comme un recul environnemental, car il rappelle des projets rejetés par le passé, comme le pipeline Énergie Est abandonné en 2017 après une forte opposition citoyenne et politique. Anne-Céline Guyon et Marie-Josée Béliveau, anciennes militantes de la campagne Coule pas chez nous, dénoncent l’instrumentalisation de la peur géopolitique pour relancer ce débat. Elles rappellent que, sur le plan économique, l’exploitation des gaz de schiste n’est pas avantageuse pour le Québec, et que les avancées technologiques récentes ne changent pas fondamentalement cette réalité.

Northvolt : un fiasco écologique

Le projet Northvolt, une usine de batteries électriques en Montérégie, a été largement discuté pendant la campagne, mais uniquement sous l’angle de son échec économique. Marie-Josée Béliveau, co-porte-parole de la campagne Coule pas chez nous et aujourd’hui enseignante, souligne que les partis politiques ont ignoré les impacts écologiques du projet. Northvolt, une entreprise suédoise, a fait faillite en 2025, laissant derrière elle un site partiellement dégradé, notamment des milieux humides détruits. Béliveau s’interroge sur l’avenir de ce terrain, qui conserve une valeur écologique importante. Elle indique que les militants prévoient de se mobiliser à nouveau pour faire entendre leurs revendications et obtenir des réponses sur la gestion future du site.

Biodiversité et résilience climatique

Henri Jacob, cofondateur de l’Action boréale et militant écologiste depuis les années 1970, explique que la perte de biodiversité et les changements climatiques sont deux enjeux étroitement liés. La biodiversité désigne la variété des espèces vivantes dans un écosystème. Lorsqu’elle diminue, les écosystèmes deviennent moins résilients, c’est-à-dire moins capables de résister aux perturbations, comme les inondations ou les sécheresses. Jacob cite l’exemple des coupes forestières massives, qui réduisent la capacité des forêts à absorber le CO2, un gaz à effet de serre responsable du réchauffement climatique. Il défend l’idée que la protection des territoires naturels est un outil clé pour lutter contre ces changements. Il observe aussi une augmentation de l’écoanxiété, un sentiment d’angoisse lié à la dégradation de l’environnement, notamment chez les jeunes.

Ce que ça pourrait changer

Henri Jacob et Steven Guilbeault, deux figures environnementales, insistent sur l’importance de l’implication citoyenne pour faire avancer les causes écologiques. Jacob, qui a voté par anticipation lors de l’élection de 2026, explique que les avancées environnementales s’obtiennent toujours grâce à la pression exercée par les citoyens sur les gouvernements. Il encourage la population à surveiller les actions des différents ordres de gouvernement et à s’impliquer activement. De son côté, Guilbeault, qui a fondé l’organisme Équiterre avant de devenir ministre fédéral, défend l’idée que la politique reste un levier de changement efficace. Il cite des exemples comme l’engagement de 194 pays à protéger 30 % de la planète lors d’une conférence à Montréal, ou l’interdiction des plastiques à usage unique au Canada. Il estime que les partis politiques respectent environ 80 à 85 % de leurs engagements électoraux.

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