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Généraliste

«Veut-on offrir à PSPP toutes les clés du pouvoir?»

Le Devoir · mis à jour il y a 19 j

Nos panélistes souhaitent l’élection d’un gouvernement minoritaire. Et une réforme du mode de scrutin..

Élection serrée au Québec

Les sondages indiquent que le Parti québécois (PQ), dirigé par Paul St-Pierre Plamondon (surnommé PSPP), pourrait remporter l’élection québécoise du 5 octobre 2026 avec environ 30 % des intentions de vote. Cette situation soulève des questions sur la légitimité d’un gouvernement minoritaire, c’est-à-dire un gouvernement qui ne détient pas la majorité absolue des sièges à l’Assemblée nationale. Dans un système parlementaire comme celui du Québec, une majorité absolue signifie généralement plus de 50 % des sièges, ce qui permet de faire adopter des lois sans compromis. Avec seulement 30 % des voix, PSPP pourrait gouverner sans majorité claire, ce qui limiterait son pouvoir et l’obligerait à négocier avec les autres partis pour faire passer ses projets de loi. Cette perspective divise les observateurs, certains craignant que cela ne donne trop de pouvoir à un gouvernement minoritaire, tandis que d’autres y voient une opportunité pour renforcer les contrepouvoirs et éviter les dérives.

Risques d'un pouvoir sans contrôle

Plusieurs commentateurs, comme Louis-Philippe Durbet, un étudiant en droit, s’inquiètent de l’idée d’offrir à PSPP toutes les clés du pouvoir avec seulement 30 % des voix. Selon eux, cela pourrait permettre à un gouvernement de s’approprier tous les leviers de l’État sans véritable légitimité démocratique. Durbet souligne que cette situation enverrait un message clair : il ne serait plus acceptable qu’un parti accapare l’ensemble des pouvoirs avec un appui aussi faible de l’électorat. Pour éviter cela, certains électeurs espèrent que les Québécois voteront de manière à empêcher le PQ d’obtenir une majorité absolue, favorisant plutôt un gouvernement minoritaire. Cela forcerait les partis à collaborer et à trouver des compromis, limitant ainsi les risques de décisions unilatérales ou de dérives politiques.

Réforme du mode de scrutin

Le système électoral actuel du Québec, hérité du bipartisme, est critiqué pour son manque de représentativité. Il pousse souvent les électeurs à voter stratégiquement, c’est-à-dire à choisir un candidat ou un parti non par conviction, mais pour éviter qu’un autre parti ne l’emporte. Mahjoub El Hamakani, un gestionnaire retraité, explique que ce système incite les citoyens à négliger leur vote, car ils savent que leur choix pourrait ne pas être reflété à l’Assemblée nationale. Plusieurs partis, dont le PQ, ont récemment exprimé leur soutien à une réforme du mode de scrutin pour le rendre plus proportionnel, c’est-à-dire pour que le nombre de sièges obtenus par chaque parti reflète plus fidèlement le pourcentage de voix reçues. Cette réforme permettrait une meilleure représentation des différentes opinions politiques et réduirait l’incitation au vote stratégique.

Rôle de Québec solidaire

Québec solidaire (QS), représenté par Ruba Ghazal et des candidats comme Sara Germain en Abitibi-Est, a marqué les esprits lors de la campagne. Ghazal a notamment été saluée pour son approche réaliste et claire lors d’un débat, reconnaissant que QS ne formerait ni le gouvernement ni l’opposition officielle. Cette franchise a été appréciée par des électeurs comme Alicia Despins, une chargée de cours en administration publique, qui a souligné la compétence de Germain lors d’un débat local. QS mise sur une stratégie de collaboration avec les autres partis, en mettant en avant l’importance de chaque député à l’Assemblée nationale. Cette approche contraste avec celle des grands partis traditionnels, perçus par certains comme trop rigides ou éloignés des réalités locales.

Critiques des autres partis

Les partis d’opposition, comme la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ), font l’objet de critiques de la part des électeurs. Jocelyn Brousseau, un travailleur humanitaire, reproche à Christine Fréchette (PLQ) son approche trop corporate, c’est-à-dire trop axée sur la gestion administrative plutôt que sur la gouvernance politique. Diaka Camara, une gestionnaire en technologies de l’information, partage cette opinion, estimant que Fréchette semble écrire ses discours comme un document juridique plutôt que comme une vision politique. Charles Milliard (PLQ) est également critiqué pour son manque de visibilité, certains électeurs comme Marjolaine Cloutier regrettant qu’il n’ait pas eu assez de temps pour se faire connaître pendant la campagne.

Enjeux environnementaux négligés

Un thème revient régulièrement dans les commentaires des électeurs : l’absence quasi totale de débats sur l’environnement. Lylliane Le Quellec, une ingénieure retraitée, déplore que la campagne se concentre sur les enjeux du Québec actuel sans aborder suffisamment la question du Québec de demain. Pour elle, l’environnement devrait être au cœur des discussions, car il s’agit d’un enjeu transversal qui touche à l’avenir des générations futures. Cette critique reflète une frustration plus large face à une campagne perçue comme trop centrée sur des questions immédiates ou partisanes, au détriment de sujets jugés essentiels pour la société québécoise.

Importance de la participation électorale

Plusieurs électeurs, comme Alicia Despins, soulignent l’importance de la participation aux élections. Despins, qui est également doctorante en administration publique, exprime son souhait que le taux de participation soit le grand gagnant du scrutin du 5 octobre. Elle rappelle que voter est un privilège dans une démocratie et que chaque voix compte pour façonner l’avenir du Québec. Cette préoccupation est d’autant plus forte que les sondages montrent une lassitude chez certains électeurs, comme en témoigne Despins : elle avoue avoir le tournis face à l’accumulation des sondages et espère que la campagne se terminera bientôt, non sans avoir exprimé son choix. Pour elle, une forte participation est un gage de légitimité pour le gouvernement élu.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les divisions partisanes, certains électeurs, comme Louis-Philippe Durbet, croient en la possibilité d’une collaboration entre les partis à l’Assemblée nationale. Durbet, un étudiant en droit de 22 ans, espère qu’un gouvernement minoritaire pourrait favoriser le dialogue et la recherche de projets rassembleurs. Il s’appuie sur des expériences passées où des partis aux opinions divergentes ont réussi à travailler ensemble. Cette vision optimiste contraste avec les craintes d’un blocage institutionnel, mais elle reflète une volonté de dépasser les clivages traditionnels pour répondre aux défis complexes que le Québec pourrait affronter dans les années à venir.

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