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Généraliste

L’école à 26 vitesses

Le Devoir · mis à jour il y a 1 j

L’égalité existe entre les humains, mais pas sur un vélo à 26 vitesses. La beauté du sport est ailleurs..

École à vitesses multiples

L’article évoque un système scolaire québécois divisé en plusieurs types d’écoles, comparé à un vélo à 26 vitesses où chaque vitesse correspond à un niveau d’accès ou de prestige différent. L’auteur cite l’exemple des programmes sport-études (comme celui suivi par Magdeleine Vallières Mill, championne du monde de cyclisme en 2025), qui permettent aux élèves de combiner études et pratique sportive intensive. Ces programmes sont qualifiés de sélectifs car ils exigent souvent un niveau élevé de performance ou des frais supplémentaires, ce qui peut exclure des élèves moins favorisés. L’article mentionne également les écoles privées et les programmes enrichis dans le public, qui offrent des avantages similaires mais à un coût ou sur sélection. Selon une étude de l’Université de Montréal, seulement 15 % des élèves des écoles publiques ordinaires accèdent à l’université, contre 51 % dans les programmes enrichis et 60 % dans le privé.

Inégalités scolaires

L’auteur souligne les inégalités sociales générées par ce système à plusieurs vitesses. Une chronique de La Presse en 2024, intitulée « L’école à trois vitesses », explique que la mixité sociale dans les classes favoriserait un effet d’aspiration vers le haut : les élèves moins performants bénéficieraient de la présence d’élèves plus doués. À l’inverse, les programmes sélectifs, comme les sport-études ou les écoles privées, creusent les écarts en concentrant les ressources et les opportunités sur une minorité. L’auteur cite des chiffres précis : 15 % des élèves du public ordinaire accèdent à l’université, contre 51 % dans les programmes enrichis et 60 % dans le privé. Il critique aussi le financement public des écoles privées, qui selon lui perpétue ces inégalités en permettant aux familles aisées de contourner le système public.

Solutions proposées

Pour réduire ces inégalités, l’auteur propose deux pistes principales. La première consiste à abolir les programmes sélectifs dans le public, ou à les rendre universels en supprimant les critères de sélection scolaire ou financière. Il compare cette idée à l’assurance maladie, un service public accessible à tous. La seconde solution suggère de financer les programmes sélectifs du public en proportion des subventions retirées au privé, afin de rééquilibrer les ressources. Cependant, l’auteur reconnaît que certains critères de performance, comme la maîtrise des bases en français ou en mathématiques, restent nécessaires pour accéder à ces programmes. Il évoque aussi la possibilité de convertir les écoles privées en écoles publiques si leur financement public était supprimé.

Sport et éducation

L’auteur utilise l’exemple du cyclisme et de Magdeleine Vallières Mill pour illustrer le débat entre sport de masse et sport d’élite. Il souligne que le sport de haut niveau, comme les programmes sport-études, peut inspirer et motiver les autres élèves, créant un effet d’entraînement similaire à celui observé dans les classes mixtes. Il cite la Norvège, où une population très sportive coexiste avec une forte production de médailles, suggérant que les deux modèles peuvent se compléter. Cependant, il met en garde contre une obsession de la victoire qui pourrait pervertir la pédagogie, notamment dans les petits circuits où les entraîneurs privilégient parfois les meilleurs joueurs au détriment des autres.

Ce que ça pourrait changer

L’auteur défend l’idée d’un compromis *social-démocrate* pour l’éducation, entre un État qui sélectionnerait les athlètes dès l’enfance (comme dans certains pays) et un système capitaliste où seuls les plus riches pourraient accéder aux meilleures opportunités. Il estime que les programmes sport-études dans le public offrent un modèle équilibré, mais insiste sur la nécessité de les rendre plus accessibles. Il critique aussi le financement public des écoles privées, qu’il qualifie de *contradiction fondamentale* dans un système censé promouvoir l’égalité des chances. Pour lui, l’État doit jouer un rôle central pour réduire les inégalités, notamment en supprimant les subventions aux écoles privées et en réallouant ces fonds aux programmes publics sélectifs.

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