Fréchette s’est «disqualifiée» dans le dossier de l’ingérence
Sous pression, la cheffe caquiste promet de «faire la lumière». Elles s’est «disqualifiée», disent ses opposants..
Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ), a annoncé le 20 septembre 2024 des informations sérieuses concernant une possible ingérence étrangère dans l’élection québécoise de 2026. Selon ses propos, ces informations venaient d’être divulguées. Le terme ingérence étrangère désigne toute tentative d’un État ou d’une entité étrangère d’influencer illégalement le processus démocratique d’un pays, ici le Québec. Fréchette a évoqué des risques d’ingérence, sans préciser leur nature exacte ni leur origine. Cette annonce a été faite sous pression médiatique, alors que des révélations sur les délais de transmission de ces informations commençaient à émerger.
Radio-Canada a publié une chronologie détaillée de l’affaire le 22 septembre 2024. Selon ses informations, les équipes de la CAQ auraient commencé à contacter des journalistes dès le 12 septembre 2024 pour évoquer une tentative américaine d’influencer le vote en faveur du Parti québécois (PQ). Cependant, Christine Fréchette n’aurait été informée de cette situation que le 19 septembre 2024, soit une semaine plus tard. Le 22 septembre 2024, la directrice générale du parti a finalement contacté le Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS), l’agence fédérale chargée de la sécurité nationale au Canada. Le SCRS aurait répondu que les publications sur cette ingérence étaient déjà publiques, notamment grâce à une chronique de Jean-François Lisée publiée en mars 2024 dans Le Devoir.
Les partis d’opposition ont vivement critiqué la gestion de cette affaire par la CAQ. Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a qualifié la situation de pétard mouillé et de théâtre, tout en parlant de disqualification de la part de la CAQ. Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ), a évoqué des questions sur le jugement et l’intégrité de la formation politique, accusant la CAQ d’avoir tenté une mise en scène à des fins partisanes. Ruba Ghazal, porte-parole de Québec solidaire (QS), a jugé les révélations extrêmement troublantes et a accusé Fréchette de détourner des enjeux de sécurité nationale à des fins électorales. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, a critiqué le travail de l’entourage de Fréchette, affirmant que tu ne peux pas informer les médias une semaine avant d’informer ton chef.
Christine Fréchette a réagi aux révélations en promettant d’enquêter sur les agissements de son équipe. Elle a reconnu que ses collaborateurs n’avaient pas toujours informé la première ministre de tous leurs contacts avec les médias. Fréchette a déclaré : « Est-ce qu’ils m’informent de tous les contacts qu’ils font auprès des journalistes ? Absolument pas ». Elle a refusé de blâmer directement son entourage ou de promettre des sanctions contre les employés fautifs, se contentant d’admettre : « Je pense qu’ils auraient dû m’aviser ». Elle a également réitéré sa volonté de « faire la lumière » sur cette affaire, sans préciser les mesures concrètes qu’elle comptait prendre pour y parvenir.
Les révélations ont été qualifiées de *sideshow* (spectacle secondaire) par Éric Duhaime, qui estime que cette affaire ne devrait pas influencer le vote. Il a décrit la situation comme une *tentative ratée* de la CAQ pour *faire peur aux électeurs*, comparant l’affaire à un *mauvais film*. Malgré les critiques, Fréchette maintient que l’enjeu de l’ingérence étrangère est sérieux et mérite une enquête approfondie. La CAQ, qui est au pouvoir au Québec depuis 2018, voit cette affaire s’ajouter à une série de controverses politiques, alimentant les débats sur son intégrité et sa gestion des crises.

