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La compagnie mère de Stelco prête à se défendre en cour, si Ottawa va de l’avant

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 4 j

Cleveland-Cliffs interprète différemment ses obligations au sujet du maintien des emplois..

Conflit entre Stelco et Ottawa

Un différend oppose la compagnie américaine Cleveland-Cliffs, propriétaire de l’aciérie canadienne Stelco, au gouvernement fédéral canadien. La ministre de l’Industrie, Mélanie Joly, accuse Stelco de ne pas respecter les engagements pris lors de l’acquisition de l’entreprise en 2024. Selon elle, ces engagements, juridiquement contraignants, incluaient le maintien des emplois syndiqués et de la majorité des emplois non syndiqués existants à l’époque. Cleveland-Cliffs conteste cette interprétation, affirmant qu’aucune clause du contrat ne l’oblige à maintenir un niveau d’emploi constant pendant cinq ans. Le PDG de Cleveland-Cliffs, Lourenço Gonçalves, a déclaré que le gouvernement canadien avait choisi d’ignorer cette nuance. Le conflit pourrait être porté devant les tribunaux si Ottawa décide de poursuivre.

Licenciements massifs annoncés

Stelco a annoncé en octobre 2026 la mise à pied de jusqu’à 500 employés dans ses usines de Hamilton et Nanticoke, en Ontario. Ces licenciements surviennent dans un contexte économique tendu pour l’industrie sidérurgique. Selon Cleveland-Cliffs, ces mises à pied seraient temporaires et les employés seraient réintégrés ultérieurement. Le PDG Gonçalves a même souhaité une Joyeuse Action de grâce aux employés licenciés, promettant leur retour au travail. Cependant, cette affirmation reste à confirmer, car le gouvernement canadien conteste la légalité de ces licenciements au regard des engagements contractuels.

Rôle des tarifs douaniers

Cleveland-Cliffs attribue les difficultés de Stelco à l’imposition de tarifs douaniers américains, une mesure protectionniste visant à limiter les importations d’acier à bas prix. Ces tarifs, imposés par les États-Unis, affectent la compétitivité de l’acier canadien sur le marché américain. Le PDG Gonçalves a défendu ces tarifs, expliquant qu’ils protègent l’industrie sidérurgique américaine contre le dumping, une pratique commerciale consistant à vendre des produits à un prix inférieur à leur coût de production pour éliminer la concurrence. Il a également souligné la nécessité de négocier un accord commercial spécifique entre les États-Unis et le Canada pour résoudre ce problème.

Positions des acteurs clés

Le gouvernement canadien, représenté par la ministre Mélanie Joly, insiste sur le caractère légalement contraignant des engagements pris par Cleveland-Cliffs lors de l’acquisition de Stelco en 2024. Ottawa menace de saisir les tribunaux pour faire respecter ces obligations. De son côté, Cleveland-Cliffs, dirigé par Lourenço Gonçalves, conteste cette interprétation et se dit prêt à se défendre en cour. Gonçalves a également évoqué la possibilité de vendre Stelco si une offre intéressante se présentait. Stelco, filiale canadienne de Cleveland-Cliffs, est dirigée par Paul Simon, qui a également défendu la position de la compagnie dans une lettre adressée à la ministre Joly.

Ce que ça pourrait changer

L’acquisition de Stelco par Cleveland-Cliffs en 2024 a représenté un investissement de 3,4 milliards de dollars. Ce montant reflète l’importance stratégique de Stelco pour l’industrie sidérurgique nord-américaine. Gonçalves a souligné que cet investissement avait été réalisé en raison de sa confiance dans le système juridique canadien, affirmant que le Canada est un *État de droit*. Cependant, le différend actuel met en lumière les tensions entre les attentes du gouvernement canadien et les stratégies commerciales de Cleveland-Cliffs, notamment en matière de gestion des emplois et des coûts.

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