Ce que la sécheresse persistante fait aux animaux
Les Pays-Bas connaissent un épisode de sécheresse historique qui affecte l’agriculture et le transport fluvial. Mais aussi la faune, alerte le quotidien “De Volkskrant” à sa une..
En août 2026, les Pays-Bas connaissent une sécheresse exceptionnelle, classée au niveau d’alerte 2 sur une échelle de trois. Cette situation, qualifiée d’historique, affecte non seulement l’agriculture et le transport fluvial, mais aussi la faune locale. Le niveau des cours d’eau comme la Meuse et le Rhin est particulièrement bas, avec des records de sécheresse pour ce dernier. Les prévisions météorologiques annoncent des semaines supplémentaires de temps sec et chaud, aggravant la crise. Cette sécheresse prolongée limite les outils disponibles pour y faire face, comme l’interdiction d’arroser ou la fermeture d’écluses pour éviter l’intrusion d’eau salée dans les sols.
Toutes les espèces animales souffrent de cette sécheresse, car l’eau est essentielle à leur survie. Les points d’eau naturels, comme les mares et les marais, s’assèchent rapidement, privant les animaux de ressources vitales. Les petits mammifères, tels que les souris, les hérissons et les lapins, sont particulièrement vulnérables, car ils ne peuvent pas se déplacer facilement pour trouver de nouvelles sources d’eau. Les oiseaux, qu’ils soient urbains ou des champs, rencontrent également des difficultés : les hirondelles et les moineaux peinent à trouver de l’eau en ville, tandis que les oiseaux des champs ont du mal à se nourrir dans un sol sec. Les oiseaux pêcheurs, eux, voient leurs zones de chasse réduites par le niveau bas des cours d’eau.
Les poissons sont directement menacés par le manque d’oxygène, un phénomène qui s’aggrave lorsque l’eau se réchauffe. L’assèchement des cours d’eau réduit déjà leurs habitats, comme le souligne Jan-Freerk Kloen, expert de l’organisme néerlandais de protection de la nature Ravon. Les amphibiens et les reptiles, comme les grenouilles ou les tortues, sont également en danger, car ils se déplacent peu, généralement sur moins d’un kilomètre. Cette faible mobilité les empêche de s’adapter rapidement aux changements de leur environnement. Leur survie dépend donc directement de la disponibilité des points d’eau restants.
Les libellules subissent directement l’assèchement des plans d’eau, au point de devenir rares dans certaines zones. Les papillons, quant à eux, sont affectés de manière indirecte. Bien que certains adultes volent au printemps et soient moins touchés par le manque de nourriture, leurs chenilles rencontrent des difficultés à trouver des feuilles pour se nourrir dans un environnement sec. Michiel Wallis de Vries, chercheur à la fondation néerlandaise de conservation des papillons, explique qu’une pluie de seulement 15 millimètres pourrait suffire à faire éclore des fleurs et à fournir de la nourriture aux chenilles. Cependant, si cette sécheresse devient récurrente, certaines espèces pourraient disparaître.
Les Pays-Bas ont mis en place des mesures exceptionnelles pour limiter les effets de la sécheresse, comme l’interdiction d’arroser les jardins ou la fermeture d’écluses pour empêcher l’intrusion d’eau salée. Cependant, ces actions montrent leurs limites face à une sécheresse aussi prolongée. Les autorités reconnaissent qu’elles sont à court d’outils pour atténuer la crise. La situation illustre l’urgence d’adapter les stratégies de gestion de l’eau et de la biodiversité à long terme, afin de protéger les écosystèmes face aux changements climatiques. Sans amélioration rapide, le risque de perte d’espèces devient réel.

