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Poison et remède : le pouvoir inégalé du “pharmakon”

Philosophie Magazine · mis à jour 1 oct.

Le terme *pharmakon* apparaît dès la Grèce archaïque, notamment dans l’*Odyssée* d’Homère. Il désigne une substance ou une pratique à la fois bénéfique et dangereuse. Par exemple, la magicienne Circé utilise des *pharmaka* pour transformer les hommes en porcs, mais Hermès en donne un à Ulysse pour le protéger de ses sorts. Cette dualité – à la fois poison et remède – est au cœur du concept. Le *pharmakon* illustre ainsi l’ambivalence fondamentale de certains éléments : ils peuvent sauver ou détruire selon leur usage, leur dose ou leur contexte. Ce mot grec a ensuite été repris par la philosophie pour explorer ses propres contradictions, comme le rôle de la pensée elle-même.

Origine grecque du pharmakon

Le terme pharmakon apparaît dès la Grèce archaïque, notamment dans l’Odyssée d’Homère. Il désigne une substance ou une pratique à la fois bénéfique et dangereuse. Par exemple, la magicienne Circé utilise des pharmaka pour transformer les hommes en porcs, mais Hermès en donne un à Ulysse pour le protéger de ses sorts. Cette dualité – à la fois poison et remède – est au cœur du concept. Le pharmakon illustre ainsi l’ambivalence fondamentale de certains éléments : ils peuvent sauver ou détruire selon leur usage, leur dose ou leur contexte. Ce mot grec a ensuite été repris par la philosophie pour explorer ses propres contradictions, comme le rôle de la pensée elle-même.

Platon et l'écriture

Dans le dialogue Phèdre, Platon utilise le pharmakon pour interroger l’écriture. Selon le mythe rapporté par Socrate, le dieu Theuth (Thot) propose l’écriture au roi Thamous comme un pharmakon contre l’oubli et l’ignorance. Thamous rejette cette solution, affirmant que l’écriture est en réalité un poison pour la pensée. Il explique que l’écriture, en externalisant la mémoire, affaiblit la capacité des individus à se souvenir par eux-mêmes et à réfléchir activement. Pour Platon, le savoir ne s’acquiert pas passivement par la lecture, mais par le dialogue vivant et l’effort personnel de remémoration. L’écriture, bien qu’utile, risque donc de figer la pensée et de rendre les hommes dépendants d’un savoir figé.

Ce que ça pourrait changer

Platon soulève une question centrale : la philosophie elle-même peut-elle être un *pharmakon* ? D’un côté, elle se présente comme un remède contre les maux de l’existence, en offrant des outils pour comprendre le monde et agir avec sagesse. De l’autre, elle risque de devenir un poison si elle est mal utilisée ou mal comprise. Par exemple, si la philosophie se réduit à des dogmes ou à des discours vides, elle peut éloigner les individus de la vérité plutôt que de les en rapprocher. Cette ambivalence invite à une réflexion sur la responsabilité du philosophe : son rôle est-il de guérir ou de nuire, selon la manière dont ses idées sont reçues et appliquées ?

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