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Géopolitique

Le succès de “The Polygamist”, série sud-africaine sur un magnat de l’immobilier polygame

Courrier International · mis à jour il y a 17 j

Parfois comparée à la série “Succession”, la série “The Polygamist” bat des records d’audience sur Netflix. Et suscite des débats de société tant en Afrique que dans le reste du monde..

Présentation de la série

La série sud-africaine The Polygamist, disponible sur Netflix depuis juin 2023, raconte l’histoire de Jonasi Gomora, un magnat de l’immobilier devenu riche par ses propres moyens, mais dont la vie bascule en raison d’une libido incontrôlable. Ce personnage, décrit comme un self-made-man (homme ayant réussi par lui-même sans héritage familial), détruit progressivement la vie de ses proches avant de s’autodétruire. La série est adaptée du roman éponyme de l’autrice zimbabwéenne Sue Nyathi, et coproduite par Gugu Zuma-Ncube et Thuli Zuma, les filles de l’ancien président sud-africain Jacob Zuma, lui-même polygame. Le Guardian et The New York Times soulignent son caractère délicieusement mélodramatique, un genre mêlant émotion intense et intrigue dramatique, qui plaît à un large public.

Succès international

Depuis son lancement, The Polygamist a connu un succès remarquable, dépassant les 23 millions de vues sur Netflix et se classant parmi les dix séries non anglophones les plus regardées de la plateforme. Cette popularité s’étend bien au-delà de l’Afrique, où la polygamie est légale dans plusieurs pays, notamment en Afrique du Sud, au Botswana ou au Zimbabwe. Le New York Times met en avant la capacité de la série à captiver un public international malgré son ancrage culturel fort. Les 22 épisodes de la série se distinguent aussi par leur multilinguisme, reflétant la réalité linguistique de l’Afrique du Sud, où les langues comme le zoulou, le xhosa ou l’afrikaans s’entremêlent naturellement dans les conversations quotidiennes. Ce choix artistique, salué par la presse britannique, évite une adaptation trop simplifiée pour les publics étrangers et renforce l’authenticité de l’univers présenté.

Authenticité culturelle

L’authenticité de The Polygamist ne se limite pas à son intrigue ou à ses dialogues, mais s’étend à sa production. La série a été co-créée en respectant les réalités locales, notamment la pratique de la polygamie, qui reste un sujet social et juridique important en Afrique du Sud. Jacob Zuma, ancien président sud-africain connu pour avoir épousé plusieurs femmes, incarne une figure publique polygame dont l’histoire personnelle ajoute une dimension politique et culturelle à la série. Les critiques soulignent que ce refus de conformer l’œuvre à des standards internationaux plus familiers permet de préserver la richesse et la complexité des dynamiques sociales sud-africaines. Ainsi, la série offre une fenêtre sur des enjeux comme les traditions, les inégalités économiques ou les tensions familiales, le tout dans un cadre visuel et narratif immersif.

Ce que ça pourrait changer

La réception de *The Polygamist* par la presse internationale et le public confirme son attrait. Les médias comme *The New York Times* et *The Guardian* en font l’éloge pour son mélange de drame, de critique sociale et de divertissement, tandis que les audiences reflètent un engouement transcontinental. En Afrique, où la polygamie est légalement reconnue dans certains pays, la série suscite des débats sur ses représentations culturelles et ses implications morales. En Europe et en Amérique du Nord, elle est perçue comme une œuvre exotique mais accessible, grâce à son mélange de mélodrame et de réalisme. Ce double regard, à la fois local et global, contribue à son statut de phénomène culturel, tout en mettant en lumière les productions audiovisuelles africaines sur la scène internationale.

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