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Culture

Chagall et le sens de la fête

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 15 h

Pascale Samuel et Arnaud Bikard sont les invités de Talmudiques.

Fête et société

Dans le judaïsme, les fêtes (mo’ed en hébreu) structurent la vie sociale et religieuse en marquant des moments de rupture avec le quotidien. Elles ne sont pas seulement des célébrations joyeuses ou solennelles, mais des rendez-vous où l’on porte une attention particulière à des éléments souvent négligés : un geste, une lumière, une parole ou une relation. Cette idée est explorée dans l’émission Talmudiques du 20 septembre 2026 sur France Culture, où il est question de la fête de Soukkot, l’une des trois fêtes de pèlerinage juives. L’invité principal, Marc-Alain Ouaknin, souligne que ces fêtes invitent à une qualité d’attention essentielle dans un monde marqué par la rapidité et la distraction. Le terme mo’ed signifie littéralement « temps fixé » ou « rendez-vous », soulignant l’aspect collectif et sacré de ces moments.

Chagall et Jour de fête

Marc Chagall, peintre russe-français d’origine juive, a réalisé en 1914 une œuvre majeure intitulée Jour de fête, actuellement exposée au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (mahJ) à Paris. Ce tableau, peint à Vitebsk après son retour de Paris, est fortement inspiré par l’iconographie de la fête de Soukkot, une fête juive où l’on construit des cabanes temporaires (soukkah) pour se souvenir de la traversée du désert. Le tableau représente un personnage tenant un loulav (un bouquet de branches de palmier, de saule et de myrte) et un etrog (un cédrat), deux éléments centraux de Soukkot. L’œuvre est décrite comme sobre et énigmatique, confirmant une idée talmudique selon laquelle « le peu contient beaucoup », c’est-à-dire que des détails simples peuvent porter une signification profonde.

Analyse du tableau

Le tableau Jour de fête de Chagall intrigue par plusieurs détails, notamment la présence d’un personnage de petite taille juché sur la figure centrale. Pour en comprendre le sens, le mahJ a organisé une analyse collective impliquant sept spécialistes : l’historien Jean Baumgarten, le yiddishiste Arnaud Bikard, l’historien de l’art Itzhak Goldberg, l’artiste Franck Leibovici, le philosophe Marc-Alain Ouaknin, la conservatrice Pascale Samuel et la psychanalyste Nathalie Zajde. Leur approche croise l’histoire de l’art, la Bible hébraïque, les traditions populaires yiddish, l’ethnopsychiatrie et la Kabbale. Une rencontre publique est prévue le 24 septembre 2026 pour discuter de cette œuvre, animée par Pascale Samuel.

Invités et rôles

Deux invités principaux animent l’émission : Pascale Samuel, conservatrice du patrimoine et responsable de la collection d’art moderne et contemporain au mahJ, ainsi qu’Arnaud Bikard, maître de conférences à l’Inalco (Institut national des langues et civilisations orientales) et spécialiste de la langue et de la culture yiddish. Pascale Samuel joue un rôle clé dans la présentation et l’analyse du tableau, tandis qu’Arnaud Bikard apporte son expertise sur la culture yiddish, essentielle pour comprendre les références de Chagall. Leur collaboration illustre l’interdisciplinarité nécessaire pour décrypter une œuvre aussi riche que Jour de fête.

Ce que ça pourrait changer

L’œuvre *Jour de fête* est prêtée exceptionnellement par la Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen de Düsseldorf pour une exposition temporaire au mahJ. Cette présentation s’inscrit dans le cadre des collections permanentes du musée, enrichies par des pastilles sonores où chaque spécialiste propose une lecture personnelle du tableau. Le mahJ, situé à Paris, est un musée dédié à l’art et à l’histoire du judaïsme, offrant un espace de réflexion sur la mémoire, l’identité et la culture juive. L’exposition s’inscrit dans la période de la fête de *Soukkot*, renforçant ainsi le lien entre l’œuvre et son contexte rituel.

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