Le Ministère du travail rappelle les règles de protection des salariés contre le risque de pollution de l’air
Face aux incendies qui ont touché le sud de la France, le Ministère du travail a émis des recommandations à destination des employeurs pour protéger leurs salariés des risques liés aux nuages de fumées..
Le Ministère du Travail rappelle que l'employeur a une obligation légale d'évaluer les risques liés à la pollution de l'air pour ses salariés, notamment en cas d'incendies ou de nuages de fumée. Cette évaluation doit être réalisée en tenant compte de la nature du travail effectué et des lieux concernés. L'employeur doit ensuite déterminer des mesures de prévention adaptées, comme le télétravail ou la délocalisation des activités dans des zones moins polluées. Il est également tenu de consulter les représentants du personnel (comme le CSE ou Comité Social et Économique dans les entreprises de plus de 50 salariés) et de solliciter, si possible, le service de prévention et de santé au travail. Les recommandations des autorités sanitaires locales doivent être suivies en priorité, car elles peuvent évoluer rapidement en fonction de la qualité de l'air.
Pour protéger les salariés, l'employeur doit mettre en place des mesures adaptées aux conditions atmosphériques, notamment en cas de canicule ou de pollution simultanée. Parmi les solutions possibles, il peut recourir au télétravail, limiter les déplacements et les activités physiques extérieures, ou encore adapter les horaires de travail. Dans les entreprises de plus de 50 salariés, le CSE doit être informé sans délai des décisions concernant le télétravail. L'employeur doit également fournir des équipements de protection individuelle (EPI), comme des masques FFP2, en tenant compte des risques liés à la combinaison chaleur et port de masque. Ces équipements doivent être remplacés toutes les 8 heures et correctement ajustés. Les salariés vulnérables (femmes enceintes, personnes souffrant de maladies respiratoires ou cardiovasculaires, etc.) doivent faire l'objet d'une attention particulière.
Lorsque le seuil ATMO (indice de qualité de l'air) atteint le niveau « mauvais » (rouge) ou « très mauvais » (rouge foncé) pour les particules PM10, les règles de travail en extérieur deviennent strictes. Si le seuil est « mauvais », il faut limiter le temps passé à l'extérieur, organiser des rotations et éviter les efforts physiques inutiles. Si le seuil est « très mauvais », le travail en extérieur ne doit être maintenu que pour des activités impératives, avec des mesures de protection renforcées. Le port d'un masque FFP2 est recommandé pour les personnes exposées longtemps ou dans des zones très enfumées. Les employeurs doivent fournir ces masques, les remplacer toutes les 8 heures et former les salariés à leur utilisation. Les salariés vulnérables doivent être protégés en priorité.
Avant tout déplacement dans une zone touchée par des incendies, il est essentiel de se référer aux consignes des autorités locales, qui peuvent interdire ou limiter l'accès à certaines zones pour des raisons de sécurité. Si le déplacement ne peut être reporté, il faut éviter de conduire dans la fumée, garder les vitres fermées et allumer les phares de jour pour une meilleure visibilité. Le stationnement doit se faire hors des zones enfumées, avec les vitres fermées. En cas de déplacement en voiture, la climatisation doit être réglée en mode recyclage pour éviter d'aspirer l'air pollué de l'extérieur.
Pour limiter l'exposition des salariés à la pollution de l'air en intérieur, il est recommandé de fermer les portes et fenêtres et d'arrêter les systèmes de ventilation qui aspirent l'air extérieur non filtré. Si la ventilation est équipée de filtres, elle peut continuer à fonctionner à condition que les filtres soient bien entretenus. En l'absence de filtration, l'utilisation d'EPI comme des masques FFP2 est conseillée. Il est important de limiter la durée de ces mesures pour éviter une dégradation de la qualité de l'air intérieur, notamment en cas de forte affluence dans les locaux. Les systèmes de ventilation avec filtration de l'air extérieur peuvent rester en marche si les filtres sont vérifiés régulièrement.
Après un épisode de pollution intense, le nettoyage des locaux doit être réalisé avec précaution pour éviter l'exposition aux cendres et aux suies. Il est recommandé de mouiller les débris avant de les manipuler pour limiter la dispersion des particules dans l'air. Les surfaces doivent être nettoyées à l'eau avec des lingettes humidifiées ou des serpillières humides. L'utilisation d'aspirateurs industriels de classe H est préférable à celle d'aspirateurs classiques ou de souffleurs, qui peuvent remettre les particules en suspension. Les travailleurs doivent porter des EPI adaptés, comme des masques FFP2, des gants et des vêtements couvrants. Les personnes vulnérables ne doivent pas être affectées à ces tâches, sauf si des protections renforcées sont mises en place.
Les autorités sanitaires locales jouent un rôle central dans la gestion des risques liés à la pollution de l'air. Elles publient des seuils de qualité de l'air, comme l'indice *ATMO*, qui classe la pollution en plusieurs niveaux (de « très bon » à « très mauvais »). Ces seuils déterminent les mesures à appliquer, comme la limitation du travail en extérieur ou l'obligation de porter des masques. Les employeurs doivent se conformer en continu à ces recommandations, qui priment sur toute consigne générale. En cas de doute, il est conseillé de consulter les services de prévention et de santé au travail, composés de médecins, infirmiers et conseillers en prévention, pour adapter les mesures aux besoins spécifiques des salariés.

