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Géopolitique

Pendant que Maduro est accusé de torture, ses anciens complices restent au pouvoir

Courrier International · mis à jour il y a 2 h

Depuis le 9 octobre, Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores font l’objet de nouvelles poursuites aux États-Unis : ils sont accusés de “complot en vue de commettre des actes de torture” contre leurs opposants. D’autres responsables de ces crimes vivent pourtant en toute impunité au Venezuela, déplore le quotidien colombien “El Espectador”..

Accusations contre Maduro

Le 9 octobre 2026, Nicolás Maduro, président du Venezuela, et son épouse Cilia Flores ont été officiellement accusés par les États-Unis de conspiration en vue de commettre des actes de torture contre leurs opposants politiques. Ces accusations s'inscrivent dans une série de procédures judiciaires engagées à l'encontre des dirigeants vénézuéliens par la justice américaine. Le terme conspiration désigne ici un accord secret entre plusieurs personnes pour commettre un crime, en l'occurrence des actes de torture. Les États-Unis, par cette démarche, visent à sanctionner les responsables de violations graves des droits humains au Venezuela. Cette accusation intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les deux pays, notamment sur des questions économiques et politiques.

Torture au Venezuela

L'article évoque des méthodes de torture systématiques utilisées par le Service national bolivarien de renseignement (Sebin), une agence de sécurité vénézuélienne. Le Sebin est un organisme chargé de la surveillance et de la répression des opposants au gouvernement. Parmi les méthodes citées, on trouve l'asphyxie mécanique par eau, une technique où la victime est maintenue sous l'eau jusqu'à l'étouffement. Ces pratiques ont été documentées par des organisations de défense des droits humains. Un exemple marquant est le cas de Fernando Albán, conseiller municipal arrêté en 2018 sans mandat, qui est décédé en garde à vue dans des circonstances troubles. Son décès a été qualifié de suicide par les autorités, mais ses proches et sa défense affirment qu'il a succombé aux tortures subies.

Impunité des complices

Malgré les accusations contre Maduro et son épouse, d'autres responsables vénézuéliens impliqués dans ces actes de torture continuent de vivre en toute impunité dans le pays. C'est ce que souligne le quotidien colombien El Espectador, qui critique l'absence de poursuites contre ces individus. Parmi eux figure Néstor Reverol, ancien ministre de l'Intérieur, qui aurait ordonné la modification d'un certificat de décès pour masquer les circonstances réelles de la mort de Fernando Albán. Cette impunité s'explique en partie par le contrôle exercé par le gouvernement sur les institutions judiciaires et policières, qui empêchent toute enquête indépendante.

Rôle du Sebin

Le Service national bolivarien de renseignement (Sebin) est une institution clé dans le système répressif vénézuélien. Créé sous le gouvernement de Hugo Chávez et renforcé sous Maduro, le Sebin est chargé de la sécurité intérieure et de la lutte contre les opposants politiques. Dans l'article, il est mentionné que le Sebin utilise des sous-sols surnommés La Tombe pour détenir et interroger les prisonniers, où des méthodes de torture sont appliquées. Le Sebin est souvent pointé du doigt par les organisations de défense des droits humains pour ses pratiques violentes et son manque de transparence.

Contexte politique

Le Venezuela traverse une crise politique et économique profonde depuis plusieurs années. Le gouvernement de Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2013, est régulièrement accusé de violations des droits humains, de corruption et de répression des opposants. Les États-Unis et d'autres pays occidentaux ont imposé des sanctions économiques contre le Venezuela, aggravant la situation humanitaire. Dans ce contexte, les accusations de torture et d'impunité des responsables s'inscrivent dans une dynamique de tensions internationales et de pression sur le régime vénézuélien.

Ce que ça pourrait changer

Les preuves des actes de torture au Venezuela s'appuient sur des témoignages de victimes, de proches et d'anciens fonctionnaires. Par exemple, William Jiménez, ex-coordinateur des enquêtes nationales de l'institut médico-légal de Caracas, a confirmé que Fernando Albán présentait des signes d'asphyxie mécanique par eau, incompatible avec un suicide. Malgré ces éléments, les autorités vénézuéliennes ont maintenu leur version des faits, illustrant la difficulté à obtenir justice dans le pays. Les organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont également documenté ces pratiques, mais leur impact reste limité en l'absence de coopération des autorités.

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