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Géopolitique

En Italie, le soutien à l’Ukraine divise aussi bien la droite que la gauche

Courrier International · mis à jour il y a 4 h

Alors que la majorité de Giorgia Meloni est secouée par les désaccords sur le soutien à Kiev, l’opposition, qui tente de s’unir en vue des élections de l’an prochain, se déchire aussi à ce sujet. Si les négociations progressent, la question ukrainienne reste “le nœud du problème”, constate la presse italienne..

Contexte politique italien

En octobre 2026, l'Italie est dirigée par Giorgia Meloni, cheffe du gouvernement et Première ministre, à la tête d'une coalition politique. Cette coalition, qui regroupe plusieurs partis, est actuellement fragilisée par des désaccords internes sur la question du soutien à l'Ukraine. Le gouvernement Meloni, en place depuis 2022, a toujours affiché un soutien sans réserve à Kiev dans le conflit avec la Russie. Cependant, cette position unie en apparence cache des tensions croissantes au sein même de la majorité parlementaire. Giorgia Meloni a récemment réaffirmé ce soutien lors d'une intervention au Sénat à Rome, déclarant : « Ne me faites pas la leçon sur la défense des intérêts italiens », en réponse aux critiques internes et externes sur sa politique étrangère. Cette division illustre les défis politiques auxquels elle doit faire face pour maintenir la cohésion de sa coalition.

Divisions au sein de la droite

La droite italienne, traditionnellement divisée sur de nombreux sujets, est particulièrement fracturée sur la question ukrainienne. Le parti Lega, dirigé par Matteo Salvini, fait partie de la coalition au pouvoir mais entretient des relations complexes avec Giorgia Meloni. Plusieurs députés de la Lega ont récemment quitté les rangs de la coalition, exprimant des réserves sur l'aide militaire à l'Ukraine. Parmi eux, l'ancien général Roberto Vannacci a fondé un nouveau parti politique, Futuro Nazionale, qui prône un rapprochement avec la Russie de Vladimir Poutine. Cette scission montre que l'extrême droite italienne n'est pas unie sur la question ukrainienne, avec des factions allant de la défense de l'OTAN à des positions plus conciliantes envers Moscou. Ces divisions affaiblissent la cohésion de la majorité parlementaire et compliquent la prise de décision sur la politique étrangère.

Tensions dans l'opposition

L'opposition italienne, qui cherche à s'unir pour renverser Giorgia Meloni lors des prochaines élections législatives prévues en 2027, est également divisée sur le soutien à l'Ukraine. Deux principaux partis s'opposent sur ce sujet : le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate. Le Mouvement 5 étoiles, mouvement populiste et eurosceptique, souhaite suspendre l'aide militaire à l'Ukraine, qu'il considère comme l'une des causes principales de la prolongation du conflit. À l'inverse, le Parti démocrate, parti de centre-gauche, défend le maintien de cette aide et estime que toute initiative diplomatique serait vaine si l'Ukraine n'est pas soutenue militairement. Cette opposition interne à l'opposition montre que le débat sur l'Ukraine dépasse les clivages traditionnels gauche-droite en Italie, rendant difficile la formation d'une alliance cohérente pour défier Meloni.

Enjeux du Conseil européen

La question du soutien à l'Ukraine est devenue un sujet central lors des négociations au sein de l'Union européenne, notamment lors du Conseil européen qui s'est tenu en octobre 2026. Giorgia Meloni a tenu à réaffirmer la position de l'Italie avant cette réunion, soulignant que le soutien à l'Ukraine était une priorité pour défendre les intérêts italiens. Cependant, les divisions internes en Italie compliquent sa capacité à jouer un rôle de leadership au niveau européen. La presse italienne qualifie cette question de « nœud du problème », car elle cristallise les tensions entre les partis de la majorité et au sein même de l'opposition. Pour Meloni, maintenir une position ferme sur l'Ukraine est essentiel pour préserver sa crédibilité internationale, mais cela risque d'aggraver les fractures au sein de son gouvernement.

Ce que ça pourrait changer

Les prochaines élections législatives en Italie, prévues en 2027, s'annoncent comme un scrutin crucial pour l'avenir du pays. L'opposition, actuellement divisée, tente de s'unir pour former une alternative crédible à Giorgia Meloni. Cependant, la question du soutien à l'Ukraine reste un obstacle majeur à cette unification. Le Mouvement 5 étoiles et le Parti démocrate, bien que partageant certains objectifs politiques, peinent à trouver un terrain d'entente sur ce sujet. Dans le camp de la majorité, les tensions au sein de la coalition pourraient affaiblir la position de Meloni et ouvrir la voie à une recomposition politique. La gestion de la crise ukrainienne pourrait donc devenir un facteur déterminant pour l'issue des prochaines élections.

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