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Culture

L'Instant poésie de François Jullien : "36 fleurs qui tombent" de Li Shangyin, première poésie amoureuse

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 6 j

Li Shangyin a donné ses lettres de noblesse au 9e siècle. Son poème "36 fleurs qui tombent" ne fait pas exception, tout en gardant les codes de la poésie classique chinoise : allusif, évasif, et qui ne se laisse pas déterminer..

Poète chinois du IXe siècle

Li Shangyin (812–858) est un poète chinois majeur du IXe siècle, connu pour ses quelque 600 poèmes. Il a d’abord écrit des textes à caractère politique, critiquant les luttes de pouvoir des empereurs de son époque. Plus tard, il s’est tourné vers la poésie amoureuse, un genre qu’il a contribué à codifier. Son œuvre tardive, marquée par des thèmes comme l’éphémère et la mélancolie, lui a valu une réputation durable. Le poème 36 fleurs qui tombent illustre cette période de sa création, où l’amour est évoqué de manière subtile et allusive, sans désigner de destinataire précis.

Poésie amoureuse classique

Dans la tradition poétique chinoise classique, les poèmes amoureux comme 36 fleurs qui tombent suivent des codes précis : ils sont souvent allusifs (ils suggèrent plutôt qu’ils n’expriment directement), évasifs (ils évitent de nommer clairement les personnes ou les situations), et universels (ils parlent à l’expérience humaine en général). Li Shangyin, en tant que pionnier de ce style, a évité les descriptions trop explicites pour privilégier une évocation poétique, où les images naturelles (ici, les fleurs qui tombent) symbolisent des émotions comme la nostalgie ou la perte. Ce poème est considéré comme une référence pour comprendre l’évolution de la poésie amoureuse en Chine ancienne.

Analyse du poème

Le poème 36 fleurs qui tombent décrit une scène où une personne observe des fleurs emportées par le vent après le départ d’un être aimé. Les images de dispersion des fleurs et de leur escorte vers le soleil couchant symbolisent à la fois la beauté éphémère et la mélancolie du départ. Le narrateur avoue ne pas oser balayer les fleurs, signe de son attachement persistant, tandis que son cœur « meurt avec le printemps », évoquant la fin d’un cycle naturel et émotionnel. Le dernier vers, « Et seuls me restent mes yeux pour pleurer », souligne l’impuissance et la douleur face à cette perte. Le poème est lu en français et en chinois pour en préserver la musicalité et les nuances linguistiques.

Contexte et héritage

Li Shangyin a vécu à une époque où la Chine était marquée par des conflits politiques et des changements dynastiques, ce qui a influencé une partie de son œuvre. Ses poèmes amoureux, comme 36 fleurs qui tombent, offrent une échappatoire en explorant des thèmes universels comme l’amour, la séparation et la temporalité. Bien que moins connu en Occident, son travail a été étudié par des sinologues comme Yves Hervouet, dont le recueil Amour et politique dans la Chine ancienne (1995) rassemble cent de ses poèmes. Cette œuvre reste un pilier de la littérature chinoise, étudiée pour sa profondeur et son style unique.

Lecture immersive

Pour une expérience de lecture enrichie, le poème est accompagné d’une lecture immersive par Hélène Lausseur (en français) et Yilin Yang (en chinois), ainsi que d’une illustration de l’artiste Philomène Fontaine. Cette création visuelle, diffusée sur les réseaux sociaux et le site de France Culture, cherche à recréer l’ambiance du poème à travers des images poétiques. Depuis septembre 2025, la série L’Instant poésie est également disponible sous forme de livre aux Éditions Seghers, incluant les commentaires des passeurs, les poèmes et les illustrations, offrant ainsi une approche complète de ces textes classiques.

Ce que ça pourrait changer

Ce podcast fait partie de la série *L’Instant poésie* de François Jullien, philosophe et sinologue, qui explore des poèmes à travers des analyses accessibles. Réalisé par Camille Renard et produit par Cassandre Puel, l’épisode est coordonné par Pascaline Bonnet avec la collaboration de Roxanne Natta. France Culture, média public français, diffuse cette série dans le cadre de sa mission de vulgarisation culturelle. Le podcast, d’une durée de 5 minutes, est disponible en ligne et sur les plateformes audio, avec une prise de son conçue pour une écoute immersive, idéale avec un casque.

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