Affaire Jean Pormanove : prison avec sursis et bannissement de Kick pendant 6 mois
Après la mort de Raphaël Graven en direct sur la chaine Kick nommée Jean Pormanove, le tribunal correctionnel de Nice a condamné les responsables de la chaine pour des violences et humiliations en ligne. Les peines contiennent notamment de la prison avec sursis et six mois de bannissement numérique applicable seulement sur la plateforme de […].
Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son jugement le 5 août 2026 concernant deux streamers, Jean Pormanove (Owen C., alias Naruto) et Safine H., condamnés pour des faits de violence et de provocation à la haine. Les deux accusés ont écopé de peines de prison avec sursis, d’amendes et d’un bannissement numérique de la plateforme Kick pendant six mois. Ils ont été relaxés pour les chefs d’accusation d’abus de faiblesse et de diffusion d’images. Les violences, à la fois physiques et psychologiques, avaient été révélées en janvier 2025 suite à des enquêtes et à un article de Médiapart. Parmi les faits reprochés, la diffusion en direct de scènes de violence, dont la mort d’une personne, Raphaël Graven, avait été montrée en streaming.
Le tribunal a condamné Owen C. à deux ans de prison avec sursis et à une amende de 15 000 €, tandis que Safine H. a écopé de huit mois de prison avec sursis et d’une amende de 5 000 €. Ces peines sont moins lourdes que les réquisitions de la procureure, qui avait demandé 30 mois de prison (dont 12 mois ferme avec bracelet électronique) et 30 000 € d’amende pour Owen C., ainsi que 18 mois de prison avec sursis et 15 000 € d’amende pour Safine H. La procureure, Maud Marty, avait qualifié ces faits de « système de maltraitance humaine » et non de simple dérapage, soulignant l’exploitation de personnes en situation de faiblesse et leur humiliation publique devant des milliers de spectateurs.
Le tribunal a également prononcé un bannissement numérique de six mois pour les deux streamers, une peine introduite par la loi SREN (Sécuriser et Réguler l’Espace Numérique) de 2024. Cette mesure, appliquée pour la première fois, interdit aux condamnés d’utiliser la plateforme Kick pendant cette période et leur interdit de créer de nouveaux comptes sur ce service. Selon l’article 16 de la loi, la durée maximale de ce bannissement est de six mois (un an en cas de récidive). La plateforme Kick est tenue de bloquer les comptes concernés et de prévenir la création de nouveaux comptes par les condamnés, sous peine d’une amende de 75 000 € en cas de non-respect.
Les faits remontent à janvier 2025, lorsque les deux streamers avaient été placés en garde à vue pour des violences physiques et psychologiques. Leur chaîne *Kick* diffusait régulièrement des scènes de violence, dont la mort en direct de Raphaël Graven, un événement qui avait suscité une vive émotion. Une autre enquête est toujours en cours concernant la responsabilité de la plateforme *Kick* elle-même. Le jugement rendu à Nice s’inscrit dans un cadre juridique plus large visant à réguler les dérives des réseaux sociaux et des plateformes de streaming, avec des peines adaptées aux infractions commises en ligne.

