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Culture

Cargos à voile / Retour dans les arbres de l'espèce humaine / Gabrielle Rubio pour "La Traversière. Airs et songes"

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 1 j

Jean Zanuttini nous présente le cargo à voile, le biologiste Stefano Mancuso nous invite à végétaliser la ville, et la flûtiste Gabrielle Rubio nous introduit à son premier album "La Traversière. Airs et songes"..

Cargos à voile : une révolution verte

Le 19 septembre 2026, l’émission Les Matins d’après sur France Culture aborde le retour des cargos à voile comme solution pour décarboner le transport maritime, un secteur responsable de près de 3 % des émissions mondiales de CO₂. Jean Zanuttini, fondateur de l’entreprise Neoline, explique que ces navires hybrides, combinant voile et moteur, pourraient réduire les émissions de 80 à 90 % par rapport aux cargos classiques. Les premiers prototypes, comme celui développé par Neoline, mesurent environ 136 mètres de long et transportent jusqu’à 5 000 tonnes de marchandises. Leur vitesse reste limitée à 11 nœuds (environ 20 km/h), mais leur coût opérationnel est inférieur à celui des navires traditionnels grâce à l’énergie éolienne, gratuite et inépuisable. Cette innovation s’inscrit dans un contexte où l’Union européenne impose désormais aux armateurs de réduire leurs émissions de 55 % d’ici 2030. Les cargos à voile pourraient ainsi devenir un pilier de la transition écologique du transport maritime.

Retour dans les arbres : une question biologique

Lors de la même émission, le biologiste italien Stefano Mancuso, directeur du Laboratoire International de Neurobiologie Végétale à Florence, soulève une question provocante : l’espèce humaine doit-elle envisager un retour partiel à un mode de vie arboricole ? Selon lui, les arbres représentent un modèle d’efficacité énergétique et de résilience écologique, avec des systèmes racinaires capables de stocker d’énormes quantités de carbone et de réguler les climats locaux. Mancuso cite l’exemple des forêts urbaines, comme les jardins de Jubilee à Londres, qui améliorent la qualité de l’air et réduisent les îlots de chaleur en ville. Il évoque aussi les recherches sur la communication végétale, démontrant que les plantes échangent des informations via des réseaux souterrains de champignons (mycorhizes). Bien que cette idée puisse paraître utopique, elle invite à repenser notre rapport au vivant et à l’espace urbain, en s’inspirant des stratégies des écosystèmes naturels.

Gabrielle Rubio et son album La Traversière

La flûtiste Gabrielle Rubio présente son premier album, La Traversière. Airs et songes, dans le cadre de l’émission. Cet opus marque son entrée dans le monde de la musique classique contemporaine, mêlant répertoire traditionnel et créations originales. Rubio, qui s’est produite avec des orchestres renommés comme l’Orchestre National de France, explique que son travail explore les liens entre la flûte et les éléments naturels, notamment l’eau et le vent, en écho aux thèmes abordés dans l’émission. L’album inclut des pièces inspirées par des paysages marins et forestiers, ainsi que des collaborations avec des compositeurs contemporains. Cette œuvre s’inscrit dans une démarche artistique qui cherche à réconcilier innovation musicale et connexion au monde vivant, en phase avec les réflexions écologiques évoquées par Zanuttini et Mancuso.

Ce que ça pourrait changer

Stefano Mancuso insiste sur l’urgence de végétaliser les espaces urbains pour lutter contre le réchauffement climatique. Les villes, qui concentrent plus de 50 % de la population mondiale, génèrent 70 % des émissions de CO₂. Il cite des exemples concrets comme les toits végétalisés de Paris ou les forêts verticales de Milan, qui permettent de rafraîchir l’air de plusieurs degrés et de capturer jusqu’à 200 tonnes de CO₂ par hectare et par an. Mancuso souligne aussi le rôle des arbres dans la santé publique : une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) montre qu’une augmentation de 10 % de la couverture végétale en ville peut réduire de 30 % les maladies respiratoires. Ces solutions, bien que coûteuses à court terme (environ 50 à 100 € par m² pour un mur végétalisé), offrent des retours sur investissement à long terme en réduisant les coûts liés à la climatisation et à la pollution.

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