NapseflowNapseflow
Recherche

Pourquoi ça pue ? Ce que les odeurs de nos déchets disent de nous

The Conversation France · mis à jour il y a 6 j

L’ESSENTIEL Pourquoi un doudou qui « sent mauvais » pour un adulte reste-t-il un trésor pour l’enfant qui l’aime ? Pourquoi le camembert ouvre-t-il l’appétit, tandis que l’odeur d’un aliment moisi nous fait reculer ? L’atelier « Pourquoi ça pue ? » s’inscrit dans la programmation de la Fête de la science 2026 en proposant d’explorer les odeurs des déchets comme autant de traces de nos manières d’habiter, de consommer et de nous souvenir. Cette rencontre avec le public est proposée au Village des sciences à l’abbaye royale de l’Épau au Mans, dans la Sarthe, les 10 et 11 octobre 2026.

Odeurs et souvenirs

Les odeurs que nous percevons ne sont pas neutres : elles déclenchent des réactions différentes selon les personnes et les contextes. Par exemple, un doudou qui sent mauvais pour un adulte peut évoquer un souvenir réconfortant pour un enfant, car l’odeur est associée à une présence rassurante. De même, un fromage affiné peut être apprécié pour son arôme, tandis que la même odeur dans un autre contexte, comme un aliment moisi, sera perçue comme répulsive. Ces différences s’expliquent par le fait que notre cerveau associe les odeurs à des souvenirs, des habitudes ou des normes sociales. Ainsi, une odeur n’est pas seulement une molécule détectée par notre nez, mais une expérience subjective influencée par notre vécu.

Les déchets comme miroir

La rudologie est une discipline scientifique, initiée dans les années 1970 par le géographe Jean Gouhier, qui étudie les déchets non pas uniquement comme un problème technique ou sanitaire, mais comme des objets révélateurs de nos modes de vie. Cette approche, aujourd’hui portée par une équipe de chercheurs du laboratoire Espaces et Sociétés (ESO) au Mans, dirigé par le géographe Mathieu Durand, considère les déchets comme des traces de nos pratiques quotidiennes : cuisine, consommation, conservation ou rejet. L’odeur des déchets devient alors un moyen concret d’explorer ces questions, car elle traverse les frontières entre les espaces (maison, rue, objet conservé ou jeté) et nous force à interroger nos réflexes de rejet ou d’attachement.

Décrire l’indescriptible

Décrire une odeur est un exercice complexe, car le vocabulaire pour les qualifier est souvent limité. Nous utilisons des termes génériques comme « bon », « mauvais » ou « fort », mais ces mots ne rendent pas compte de la richesse des perceptions. Par exemple, une odeur peut être humide, aigre, terreuse ou sucrée, et rappeler un aliment, une cave ou un jardin. L’atelier « Pourquoi ça pue ? » propose d’enrichir ce lexique en comparant les descriptions des participants. L’objectif n’est pas de définir une odeur de manière universelle, mais de montrer que la sensation olfactive, l’émotion qu’elle suscite et le jugement qu’elle inspire sont trois étapes distinctes. Dire « cela me dégoûte » n’équivaut pas à dire « c’est sale », et cette nuance permet de mieux comprendre nos réactions.

Atelier et échanges

L’atelier « Pourquoi ça pue ? » est un événement gratuit organisé dans le cadre de la Fête de la science 2026, les 10 et 11 octobre, au Village des sciences de l’abbaye royale de l’Épau au Mans (Sarthe). Destiné au grand public à partir de 7 ans, il propose une animation de rue où les participants explorent des odeurs liées aux déchets alimentaires et textiles. L’objectif est d’écouter les impressions des autres, de préciser ses propres descriptions et de découvrir que les déchets, avant même d’être triés ou recyclés, révèlent des aspects de nos gestes, de nos attachements et de notre façon d’habiter le monde. L’atelier est labellisé « Coup de cœur 2026 de la Fête de la science » et conçu par une équipe de chercheurs et d’étudiantes en master MIDEC (Le Mans Université), dont Mariama Coulibaly, Anouk Hérault, Sokhna Mai Mboup, Djaynat Radjabou et Louane Vaoheilala.

Ce que ça pourrait changer

L’atelier invite à réfléchir sur des questions philosophiques et sociales à partir d’expériences concrètes. Par exemple, pourquoi une odeur désagréable nous semble-t-elle parfois inquiétante ? Un objet destiné à être jeté a-t-il nécessairement perdu toute valeur ? Pourquoi conservons-nous certains objets abîmés alors que nous nous débarrassons rapidement d’autres objets encore utilisables ? Ces questions partent de situations du quotidien et montrent que la vie domestique est aussi un terrain de recherche. Elles permettent de comprendre que nos réactions face aux odeurs et aux déchets ne sont pas universelles, mais dépendent de normes culturelles, de souvenirs et de contextes. L’atelier ne cherche pas à imposer un jugement, mais à explorer les raisons de nos choix.

Sujets complémentaires
Entre lumière et ténèbres, comment la profondeur et l’alternance jour nuit organisent la vie dans l’océan
L’ESSENTIEL La profondeur façonne les conditions de vie dans l’océan. De la surface aux abysses, il existe plusieurs étages, auxquels se sont adaptées toutes sortes d’espèces. Mais la profondeur influence aussi les relations entre prédateurs et proies : ces dernières reviennent en surface la nuit pour se nourrir de plancton, souvent au risque d’être elles-mêmes mangées. Le changement climatique menace désormais cet équilibre fragile, en dégradant les habitats des espèces et en modifiant leurs comportements alimentaires. Dans l’océan, des organismes remontent chaque nuit des profondeurs pour se nourrir en surface. Ce phénomène, loin d’être exceptionnel, concerne des millions d’animaux marins, qui effectuent ce voyage quotidiennement. Pour comprendre le fonctionnement des écosystèmes marins, il faut donc cesser d’imaginer l’océan c
Menopause is a biological transition that’s become a lucrative consumer business
KEY TAKEAWAYS Increasing media attention on menopause is helping to mitigate taboos and promote support for women going through the change. Food supplements, books, coaching… menopause is also becoming a lucrative market driven by actors who are influencing the way the menopausal transition is perceived. Social media, a space where women share their experiences and offer advice, is amplifying this phenomenon . Long relegated to the private sphere, Menopause is now the focus of unprecedented attention both in the media and commercially with a mark

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.