NapseflowNapseflow
Environnement

Légumes asséchés, productions perdues... Une crise historique se confirme pour l'agriculture

Reporterre · mis à jour il y a 2 j

« C'est historique, les canicules ont été plus précoces, plus fortes, plus longues », a déclaré le ministère de l'Agriculture aux journalistes lors d'une conférence de presse le 28 août. La veille, la ministre de l'Agriculture avait réuni les préfets de région et des territoires d'outre-mer pour faire le bilan de cet été de canicules, sécheresse et incendies.

Sécheresse record en France

La France traverse en 2022 une sécheresse historique, qualifiée de pire depuis 1959 par Météo-France. Cette situation exceptionnelle s’explique par des températures anormalement élevées, supérieures de 3 à 4 °C aux normales saisonnières, et des précipitations très inférieures à la moyenne. Les sols, déjà fragilisés par des années de pratiques agricoles intensives, n’ont pas pu retenir l’eau nécessaire pour les cultures. Les régions les plus touchées sont le Sud-Ouest, le Centre-Val de Loire et la Bourgogne-Franche-Comté, où les restrictions d’eau ont été les plus strictes. Les agriculteurs alertent sur l’absence de réserves hydriques suffisantes pour les mois à venir, ce qui aggrave la crise. Cette sécheresse s’inscrit dans un contexte plus large de dérèglement climatique, avec des épisodes de canicule plus fréquents et intenses en Europe.

Baisse des récoltes légumières

La sécheresse a entraîné une chute drastique des récoltes de légumes en France. Selon les premières estimations du ministère de l’Agriculture, la production de carottes a chuté de 20 %, celle des salades de 30 %, et celle des haricots verts de 40 % par rapport à 2021. Les cultures de plein champ, comme les courgettes ou les aubergines, ont été particulièrement affectées, avec des pertes pouvant atteindre 50 % dans certaines zones. Les maraîchers, déjà fragilisés par la hausse des coûts de production (énergie, engrais), voient leurs revenus s’effondrer. Les prix à la consommation pourraient augmenter de 10 à 20 % pour certains légumes d’ici la fin de l’année, selon les professionnels du secteur. Cette situation menace la sécurité alimentaire et l’autonomie de la France en produits frais.

Crise des céréales et inflation

Les céréales, comme le blé ou le maïs, subissent également les conséquences de la sécheresse. La production française de blé tendre devrait reculer de 10 % en 2022, passant de 36,5 millions de tonnes en 2021 à 33 millions de tonnes cette année, selon les prévisions de FranceAgriMer. Cette baisse s’ajoute à la guerre en Ukraine, qui a perturbé les approvisionnements mondiaux et fait flamber les prix. Le prix du blé a atteint des records, dépassant 400 € la tonne en juillet 2022, contre environ 250 € en moyenne en 2021. Cette inflation des matières premières se répercute sur les coûts de l’alimentation, avec une hausse des prix des pâtes, du pain ou des biscuits. Les agriculteurs, pris en étau entre la baisse de leurs revenus et la hausse de leurs charges, voient leur situation se dégrader.

Impact sur les éleveurs

Les éleveurs, notamment ceux spécialisés dans les ruminants (vaches laitières, bovins à viande), sont également touchés par la crise. La sécheresse a réduit les rendements des prairies, privant les animaux de fourrage. Les stocks de foin, essentiels pour l’hiver, sont insuffisants dans de nombreuses régions, forçant les éleveurs à acheter du fourrage à prix d’or ou à réduire leurs troupeaux. Le prix du foin a augmenté de 30 à 50 % depuis le début de l’année, selon la Fédération nationale des coopératives d’élevage. Cette situation menace la viabilité économique de nombreuses exploitations, déjà fragilisées par la hausse des coûts de l’énergie et des aliments pour bétail. Certains éleveurs envisagent de vendre une partie de leur cheptel pour survivre.

Rôle des politiques publiques

Face à cette crise, le gouvernement français a mis en place des mesures d’urgence pour soutenir les agriculteurs. En août 2022, un fonds de 100 millions d’euros a été débloqué pour indemniser les pertes de récoltes et aider à la reconstitution des stocks de fourrage. Cependant, ces aides sont jugées insuffisantes par les syndicats agricoles, comme la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), qui réclament des mesures plus ambitieuses. Par ailleurs, la Commission européenne a autorisé des dérogations temporaires aux règles environnementales, comme la possibilité de cultiver des jachères pour produire du fourrage. Ces décisions soulèvent des questions sur l’équilibre entre soutien à court terme et transition écologique à long terme.

Ce que ça pourrait changer

La crise actuelle interroge sur l’avenir de l’agriculture française, confrontée à des défis climatiques et économiques croissants. Les experts soulignent la nécessité d’adapter les pratiques agricoles pour les rendre plus résilientes, comme le développement de l’agroécologie, la diversification des cultures ou l’irrigation raisonnée. Cependant, ces transitions demandent du temps et des investissements, alors que les agriculteurs subissent des pertes immédiates. Certains acteurs, comme le collectif **Les Soulèvements de la Terre**, appellent à une remise en cause du modèle agricole dominant, basé sur l’intensification et la dépendance aux intrants. La crise de 2022 pourrait ainsi accélérer les débats sur l’avenir de l’agriculture en France.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.