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En 1904, un athlète a ingéré de la mort au rat pour remporter le marathon des JO - aujourd'hui encore

Science & Vie · mis à jour il y a 3 j

Thomas Hicks a remporté le marathon des JO de 1904 sous strychnine, un poison que ses entraîneurs lui ont administré en pleine course. Son temps reste le plus lent jamais enregistré aux Jeux..

Un marathon historique

Le marathon des Jeux Olympiques de 1904, organisé à Saint-Louis aux États-Unis, est entré dans l’histoire comme l’une des courses les plus chaotiques et lentes jamais enregistrées. Cette épreuve, qui s’est déroulée sous une chaleur étouffante et des conditions extrêmes, a vu son vainqueur, Thomas Hicks, mettre plus de 3 heures et 28 minutes pour parcourir les 42,195 kilomètres, un temps exceptionnellement long comparé aux standards modernes. Aujourd’hui encore, ce record reste inégalé en termes de lenteur pour un marathon olympique. Les conditions de la course, marquées par des températures élevées et un parcours semé d’embûches, ont contribué à transformer cette épreuve en un véritable calvaire pour les athlètes.

Un athlète sous substances

Thomas Hicks, un athlète américain d’origine britannique, est le protagoniste central de cette course mémorable. Pour tenter de remporter la victoire, il a ingéré une substance aujourd’hui interdite et dangereuse : la mort au rat, un poison à base d’arsenic utilisé pour tuer les rongeurs. Hicks a consommé ce produit à plusieurs reprises pendant la course, mélangé à de l’eau et du blanc d’œuf, dans l’espoir d’améliorer ses performances. Cette pratique, courante à l’époque malgré son caractère risqué, illustre les méthodes extrêmes employées par certains sportifs pour gagner, sans toujours mesurer les conséquences sur leur santé. L’arsenic est un métalloïde extrêmement toxique, capable de provoquer des nausées, des douleurs abdominales, des convulsions et même la mort en cas de surdosage.

Un parcours semé d’obstacles

Le marathon de 1904 a été organisé dans des conditions particulièrement difficiles, loin des normes actuelles. Le parcours, long de 40 kilomètres au lieu des 42,195 km réglementaires, traversait des routes poussiéreuses et non goudronnées, sous une chaleur accablante pouvant atteindre 32°C. Les athlètes étaient également confrontés à des collines abruptes et à des chemins de terre, rendant la course encore plus ardue. De plus, les organisateurs avaient prévu des rafraîchissements à base de brandy et d’eau, mais certains coureurs ont ingéré des boissons contaminées ou inadaptées, aggravant leur état de fatigue et de déshydratation. Ces conditions ont conduit à l’abandon de plusieurs participants et à des performances très en dessous des attentes.

Un vainqueur en danger

Thomas Hicks, bien que parvenu à franchir la ligne d’arrivée en première position, était dans un état critique à l’issue de la course. Affaibli par la chaleur, la déshydratation et les effets de l’arsenic, il a dû être soutenu par ses assistants pour marcher jusqu’à la fin. Ses symptômes incluaient des hallucinations, des vomissements et une faiblesse extrême, signes d’une intoxication sévère. Hicks a été immédiatement pris en charge par des médecins, qui ont tenté de le réanimer en lui administrant des stimulants et de l’eau. Bien qu’il ait survécu, cette expérience a marqué sa santé à long terme. Son cas illustre les dangers des pratiques dopantes non régulées et les risques encourus par les athlètes dans un contexte où la science médicale était encore balbutiante.

Ce que ça pourrait changer

Le marathon de 1904 est souvent cité comme un exemple extrême des dérives du sport à l’aube du XXe siècle, où les règles de sécurité et les contrôles antidopage étaient quasi inexistants. Cette course a servi de leçon pour les éditions suivantes des Jeux Olympiques, qui ont progressivement mis en place des normes plus strictes en matière de santé, d’hydratation et de dopage. Aujourd’hui, les marathons olympiques se déroulent dans des conditions contrôlées, avec des parcours standardisés, des points de ravitaillement en eau et des équipes médicales dédiées. L’histoire de Thomas Hicks rappelle l’importance d’encadrer les pratiques sportives pour préserver la santé des athlètes, tout en offrant un spectacle équitable et sécurisé.

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