NapseflowNapseflow
Recherche

Dans l’Antiquité, les Grecs n’étaient pas tous bodybuildés !

The Conversation France · mis à jour 5 août

Héraclès et Géras (personnification de la vieillesse). Pelikè (amphore dont la panse s’évase vers le bas) attique à figures rouges provenant de la nécropole de la Banditaccia (Italie), tombe 432, vers 480 avant notre ère, inv. 48238, Musée de la Villa Giulia, Rome.

L'idéal grec antique

Dans l'Antiquité grecque, à partir du VIᵉ siècle avant notre ère, les cités grecques ont promu un modèle idéal de masculinité centré sur la kalokagathia, un terme grec signifiant littéralement « beauté-bonté ». Ce concept lie une apparence physique harmonieuse (corps musclé, hâlé, proportionné) à des qualités morales comme la force, la maîtrise de soi et le courage. Cet idéal était incarné par des statues célèbres comme le Discobole, symbole de perfection masculine. Les citoyens libres devaient s'y conformer pour participer pleinement à la vie civique, politique et militaire. Les gymnases et palestres servaient à façonner ces corps, tandis que la poésie d'Homère ou les odes de Pindare renforçaient cette norme. Cependant, cette image ne reflétait pas la réalité de tous les Grecs, mais seulement celle des élites.

Une masculinité plurielle

L'article souligne que la masculinité grecque n'était pas uniforme. Les études de genre récentes montrent qu'il existait une pluralité de masculinités, influencées par le statut social, la richesse, l'âge ou les accidents de la vie. Les citoyens ordinaires (paysans, artisans, marchands), les vieillards, les pauvres, les blessés ou les malades ne correspondaient pas à cet idéal. Par exemple, un soldat estropié ne pouvait plus combattre, et un artisan aux mains déformées peinait à travailler. Pourtant, leur statut de citoyen n'était pas remis en cause. Les cités offraient parfois un soutien, comme des indemnités pour les invalides de guerre. Cette diversité remet en question l'image d'une masculinité unique et triomphante.

Le corps vieillissant

La vieillesse en Grèce antique était souvent perçue comme une période de déclin physique et moral. Les transformations liées à l'âge (calvitie, rides, perte des dents, affaiblissement de la voix ou des capacités sexuelles) étaient stigmatisées. La perte des dents servait même à estimer l'âge d'un individu. La sexualité masculine, en particulier, était un marqueur de domination sociale : ne plus participer aux plaisirs d'Aphrodite (aphrodisia) était perçu comme une perte de virilité. Certaines cités, comme Sparte ou Cyrène, valorisaient cependant l'expérience des vieillards en leur confiant des rôles politiques. Malgré cela, la vieillesse était généralement associée à la faiblesse et à la dépendance.

La laideur et ses conséquences

La laideur physique était souvent liée à des failles morales en Grèce antique. Le personnage de Thersite, décrit par Homère comme « le plus laid qui soit venu sous Ilion », illustre cette perception. Boiteux, voûté, aux cheveux rares et à la voix aiguë, il était moqué et méprisé par les héros. La laideur servait ainsi à stigmatiser ceux qui défiaient les normes sociales ou morales. Une exception notable était le philosophe Socrate, dont l'apparence physique (yeux globuleux, nez camus, front dégarni) contrastait avec son intelligence. Son cas montrait que la philosophie pouvait transcender les apparences, invitant à ne pas juger sur les critères esthétiques.

Ce que ça pourrait changer

L'image du corps masculin grec, jeune, fort et performant, a traversé les siècles et influence encore nos représentations contemporaines. Ce modèle associait la masculinité à l'utilité : un citoyen devait combattre, participer à la politique et protéger sa famille. Il s'affirmait aussi par sa domination sur les femmes et les autres groupes sociaux (esclaves, métèques, étrangers). Cependant, cet idéal était inaccessible pour la majorité des Grecs, notamment les citoyens ordinaires ou ceux confrontés à des handicaps. Les travaux récents en histoire ancienne et en études de genre révèlent cette complexité, montrant que la masculinité grecque était multiple et évolutive, loin d'une norme unique et figée.

Sujets complémentaires
Mille millions de mille cyborgs ! Pourquoi les pirates informatiques demandent de plus en plus de rançons en cryptomonnaies
L’ESSENTIEL Les rançongiciels, ces logiciel bloquant l’accès à un ordinateur en volant ses données en échange d’une rançon, ont rapporté plus de 800 millions de dollars en 2025. Pour partir avec leur butin, les pirates du Web passent de plus en plus par les cryptomonnaies, plus rémunératrices et moins traçables. Les positions ambiguës des États, comme la Russie, l’Iran et la Corée du Nord, brouillent encore plus les pistes pour les gendarmes financiers. Cet été , une cyberattaque d’ampleur a touché le système d’information de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) avec le vol de données fiscales et cadastrales de 678 000 particuliers et professionnels. Les fuites : noms, prénoms, adresses po
Les faucons russes, idéologues du conservatisme modernisateur
Depuis les années 1960, des idéologues soviétiques puis russes ont développé une théorie associant traditionalisme et modernisation technologique pour promouvoir un État autoritaire de type stalinien. Leur influence ne résulte pas seulement de la diffusion de leurs idées, mais aussi de leur capacité à s’organiser en réseaux et à tirer parti d’un pluralisme idéologique toujours strictement encadré par le pouvoir. Dans son livre les Faucons russes. Des idéologues au service de l’empire. De 1960 à nos jours , paru le 17 septembre aux Presses universitaires de France, Juliette Faure, professeure de science politique à l’Université libre de Bruxelles, retrace la généalogie de ce mouvement et montre comment, depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, ses thèmes impérialistes, anti-occidentaux et conservateurs ont retrouvé une place centrale. Extraits. Aux origines du conservatisme modernisateur</h2

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.