Espionnage à l’OTAN : Carney doit fournir des explications, affirme Poilievre
Un juge belge a placé une ressortissante canadienne en détention provisoire pour espionnage..
Une ressortissante canadienne d’origine chinoise, identifiée comme Biwei Zhang (ou Claire Zhang), a été arrêtée le 25 juillet 2026 par les autorités belges pour des soupçons d’espionnage et de participation à une organisation criminelle. Elle travaillait comme stagiaire au sein du service informatique du SHAPE (Quartier général supérieur des puissances alliées en Europe), situé à Mons en Belgique, siège de l’OTAN. Les enquêteurs n’ont pas précisé pour quel pays elle aurait mené des activités d’espionnage. Cette affaire a été révélée par le parquet belge, qui a placé la suspecte en détention provisoire. Les allégations n’ont pas encore été examinées par un tribunal, et son identité n’a pas été officiellement confirmée par les autorités canadiennes ou l’OTAN.
Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, a critiqué le gouvernement de Mark Carney, lui reprochant de ne pas avoir détecté plus tôt les antécédents problématiques de la stagiaire. Poilievre a questionné la capacité des services canadiens à identifier les menaces pour la sécurité nationale, soulignant que ce sont souvent des gouvernements étrangers qui alertent Ottawa sur ces risques. Le premier ministre Carney a répondu qu’une enquête était en cours et qu’il ne pouvait pas s’exprimer en détail, tout en précisant que des responsables canadiens étaient impliqués depuis le début de l’affaire. Il a refusé de confirmer si des leçons seraient tirées pour renforcer les politiques de vérification des antécédents.
Biwei Zhang, également connue sous le nom de Claire Zhang, a travaillé pour plusieurs organismes fédéraux canadiens avant son arrestation. Son profil LinkedIn indique qu’elle est titulaire d’un baccalauréat en économie appliquée de l’Université de York et d’une maîtrise en informatique et ingénierie des systèmes de l’Université d’Ottawa. Elle a occupé des postes à l’Agence spatiale canadienne en tant qu’ingénieure en systèmes, à Statistique Canada comme économiste, et au Conseil national de recherches du Canada en tant que scientifique de données. En 2023, la Commission de la fonction publique du Canada l’a reconnue coupable de fraude dans le cadre d’un processus de nomination à un poste à l’Agence des services frontaliers du Canada. La Cour fédérale a rejeté sa demande de contrôle judiciaire en 2024, et elle s’est excusée dans un mémoire déposé devant la Cour.
L’Agence spatiale canadienne, Statistique Canada et le Conseil national de recherches du Canada ont tous déclaré prendre très au sérieux cette affaire. Ils ont confirmé collaborer avec les autorités belges et les partenaires internationaux pour protéger la sécurité nationale et préserver l’intégrité de l’enquête. Aucune de ces institutions n’a confirmé publiquement l’identité de la suspecte, invoquant le respect des procédures judiciaires belges et l’intégrité de l’enquête en cours. La Presse canadienne a tenté de contacter Biwei Zhang par courriel, sans obtenir de réponse.
Cet incident soulève des questions sur l’efficacité des vérifications des antécédents menées par le gouvernement canadien, notamment pour les postes sensibles comme ceux au sein de l’OTAN. Le *SHAPE*, situé à Mons, est le quartier général opérationnel de l’OTAN en Europe, où travaillent des milliers de militaires et de civils de différents pays. L’affaire met en lumière les risques liés à l’espionnage dans des organisations internationales, ainsi que les défis pour les services de renseignement et de sécurité canadiens. Ni Ottawa ni l’OTAN n’ont indiqué si des révisions de leurs politiques de vérification étaient envisagées à la suite de cet événement.

