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Environnement

Les taux de cadmium dans les engrais devront être divisés par plus de 3 en 2030

Reporterre · mis à jour il y a 12 j

Le gouvernement accélère sa trajectoire de réduction du cadmium dans les engrais phosphatés. Vendredi 2 octobre, quatre textes règlementaires ont été publiés pour encadrer les teneurs en contaminants des fertilisants et leurs apports dans les sols agricoles.

Nouveaux seuils pour cadmium

Le gouvernement français a publié quatre textes réglementaires pour réduire la présence de cadmium dans les engrais phosphatés, utilisés en agriculture. À partir du 1er janvier 2027, ces engrais ne pourront plus contenir plus de 60 milligrammes (mg) de cadmium par kilogramme d’anhydride phosphorique (P₂O₅), une molécule riche en phosphore essentielle aux plantes. Ce seuil sera ensuite abaissé à 40 mg/kg en 2028, puis à 20 mg/kg en 2030. Parallèlement, la quantité totale de cadmium apportée aux sols via ces engrais sera limitée à 3 grammes par hectare et par an dès 2027. L’anhydride phosphorique (P₂O₅) est un composé chimique présent dans les engrais pour favoriser la croissance des plantes. Le cadmium est un métal lourd toxique pour l’homme et l’environnement.

Comparaison des calendriers

Le calendrier de réduction du cadmium a été accéléré par rapport à une première version soumise à consultation publique entre le 26 mai et le 30 juin 2026. Le projet initial prévoyait un seuil de 40 mg/kg en 2030, puis 20 mg/kg au plus tard en 2038. Cependant, il est moins strict que la proposition adoptée par les députés le 3 juin 2026, qui fixait déjà 40 mg/kg dès 2027. La version finale retenue par le gouvernement se situe donc entre ces deux propositions. La consultation publique est une phase où les citoyens et les acteurs concernés peuvent donner leur avis sur un projet de texte avant son adoption.

Risques pour la santé

Le cadmium est un métal lourd qui s’accumule dans les sols avant de contaminer les cultures et, in fine, l’alimentation humaine. Son ingestion peut provoquer des atteintes rénales et osseuses, des troubles de la reproduction, ainsi qu’un risque accru de plusieurs cancers, notamment ceux du poumon, de la prostate, du rein et du pancréas. Selon l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), 89 % des aliments étudiés contiennent du cadmium. En France, la moitié de la population présente une imprégnation jugée préoccupante, et 100 % des enfants âgés de 2 à 3 ans testés dépassaient les valeurs sanitaires de référence. Une imprégnation désigne la présence d’une substance dans l’organisme, tandis que les valeurs sanitaires de référence sont des seuils définis pour protéger la santé.

Ce que ça pourrait changer

Le sujet du cadmium dans les engrais est devenu politique au printemps 2026, avec huit pétitions demandant une réduction de l’exposition de la population à ce contaminant. Ces pétitions reflètent une préoccupation croissante des citoyens et des associations pour les risques sanitaires liés à ce métal lourd. L’*Anses* a joué un rôle clé en recommandant des seuils stricts : 20 mg/kg pour les engrais et 2 grammes de cadmium par hectare et par an. Ces recommandations ont influencé les décisions gouvernementales. Une *pétition* est une demande écrite adressée à une autorité publique, souvent signée par de nombreuses personnes pour exprimer une volonté collective.

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