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ENVIRONNEMENT

Les taux de cadmium dans les engrais devront être divisés par plus de 3 en 2030

Source unique·il y a 12 j

La réduction drastique des taux de cadmium dans les engrais phosphatés, imposée par le gouvernement d’ici 2030, marque une inflexion majeure dans la gestion des risques sanitaires liés aux métaux lourds en France. Cette mesure, qui s’inscrit dans un contexte de contamination généralisée des sols et de l’alimentation, interroge la capacité des pouvoirs publics à concilier impératifs agricoles et protection de la santé publique, alors que les seuils proposés oscillent entre ambition environnementale et réalisme économique.

Quels sont les nouveaux seuils de cadmium dans les engrais phosphatés et comment évoluent-ils dans le temps ?

À partir du 1er janvier 2027, les engrais phosphatés ne pourront plus contenir plus de 60 milligrammes de cadmium par kilo d’anhydride phosphorique (P₂O₅), contre 90 mg/kg pour certains engrais actuellement. Ce plafond sera abaissé à 40 mg/kg en 2028, puis à 20 mg/kg en 2030. Parallèlement, les apports annuels de cadmium via les engrais minéraux seront limités à 3 grammes par hectare dès 2027.

Pourquoi cette mesure est-elle considérée comme insuffisante par certains acteurs, et quels sont les délais initialement envisagés ?

Le calendrier adopté est plus rapide que celui soumis à consultation publique (40 mg/kg en 2030, puis 20 mg/kg en 2038), mais plus lent que la proposition des députés, qui prévoyait 40 mg/kg dès 2027. Cette divergence reflète les tensions entre une approche progressive, défendue par l’exécutif, et une volonté de réduction accélérée, portée par certains parlementaires ou associations.

Quels sont les risques sanitaires associés à l’exposition au cadmium, et dans quelle mesure la population française est-elle concernée ?

Le cadmium est un métal lourd toxique, lié à des atteintes rénales, osseuses, des troubles de la reproduction et à un risque accru de cancers (poumon, prostate, rein, pancréas). Il a été détecté dans 89 % des aliments étudiés par l’Anses, et plus de la moitié de la population française présente une imprégnation jugée préoccupante, avec une contamination systémique chez les enfants de 2 à 3 ans.

Ce que ça pourrait changer

Cette réglementation pourrait entraîner une refonte des pratiques agricoles, avec des coûts accrus pour les producteurs et une possible réduction des rendements si les alternatives aux engrais phosphatés contaminés s’avèrent moins efficaces. Elle soulève aussi la question de la traçabilité des sols et des cultures, ainsi que de la cohérence des politiques publiques face à une contamination déjà largement répandue. Enfin, elle pourrait servir de levier pour une transition vers une agriculture moins dépendante des intrants chimiques, mais son succès dépendra de son application stricte et de la mobilisation des acteurs du secteur.

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