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«Subventionner les énergies fossiles», c’est «subventionner le suicide»

Le Devoir · mis à jour il y a 3 h

«Nous dépensons notre argent pour de mauvaises causes», lance António Guterres avant la COP17 sur la biodiversité..

Alerte de l'ONU

Lors d’un sommet international à Erevan en Arménie, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a lancé un avertissement fort : « Subventionner les énergies fossiles revient à subventionner le suicide ». Cette déclaration s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la COP17, une conférence mondiale sur la biodiversité qui s’ouvre quelques jours plus tard. Guterres a souligné que les hydrocarbures, comme le pétrole, le gaz naturel et le charbon, sont responsables du réchauffement climatique et menacent directement la biodiversité. Selon lui, ces énergies agissent comme un fléau pour les écosystèmes, en accélérant la destruction des milieux naturels et en perturbant les équilibres climatiques essentiels à la vie sur Terre.

Subventions néfastes

António Guterres a critiqué les subventions publiques accordées aux énergies fossiles, estimant que ces aides financières encouragent des activités nuisibles à l’environnement. Il a rappelé que les États dépensent chaque année des sommes colossales pour soutenir ces industries, alors que ces fonds pourraient être réorientés vers des solutions durables. Par exemple, pour chaque dollar investi dans la protection de la nature, 30 dollars sont consacrés à sa destruction, selon ses propos. Ces subventions, évaluées à 2 600 milliards de dollars par an, sont pointées du doigt par des entreprises comme BNP Paribas, Danone et Hermès, qui ont récemment appelé les gouvernements à réformer ces mécanismes financiers.

Engagement de 2022

En 2022, lors de la COP15 à Montréal, près de 200 États ont adopté un cadre mondial appelé « Kunming-Montréal », souvent comparé à l’Accord de Paris pour le climat, mais dédié à la protection de la biodiversité. Parmi les 23 engagements pris, figurait une promesse majeure : réduire d’au moins 500 milliards de dollars par an les subventions accordées aux activités néfastes pour la nature. Cependant, les progrès sont lents, et la COP17 en Arménie doit servir de point d’étape pour évaluer ces avancées et trouver des solutions pour accélérer la transition. Guterres a insisté sur l’urgence d’agir, car les objectifs fixés pour 2030 risquent de ne pas être atteints.

Menace sur la biodiversité

La biodiversité, c’est-à-dire la variété des êtres vivants (plantes, animaux, micro-organismes) et des écosystèmes (forêts, océans, etc.), est aujourd’hui en danger. Les activités humaines, comme l’exploitation des énergies fossiles, la pollution ou la déforestation, en sont les principales causes. Selon l’ONU, l’humanité échoue à protéger la vie sur Terre, et les engagements pris pour préserver 30 % des territoires de chaque région d’ici 2030 pourraient ne pas être tenus. La COP17, qui se déroule en Arménie, est une étape clé pour tenter de corriger cette trajectoire et éviter un effondrement des écosystèmes dont dépendent les sociétés humaines.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette crise environnementale. D’abord, les États, qui allouent des subventions aux énergies fossiles tout en s’étant engagés à les réduire. Ensuite, les entreprises, comme BNP Paribas, Danone ou Hermès, qui ont récemment interpellé les gouvernements pour réformer ces aides financières. Enfin, l’ONU, à travers des figures comme António Guterres, qui tente de mobiliser la communauté internationale pour accélérer les actions en faveur de la biodiversité. La COP17, organisée en Arménie, est un moment crucial où ces acteurs doivent montrer leur capacité à concrétiser leurs promesses.

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