Les trésors des ultrariches au cœur des Alpes suisses
LES ULTRARICHES, UN MONDE À PART (5/6) – Un reporter de la “Neue Zürcher Zeitung” a visité le chantier en cours sous le col du Brünig, au centre de la Suisse. Là, un homme d’affaires local construit un vaste réseau de galeries souterraines, avec un quartier de haute sécurité destiné à accueillir métaux précieux, œuvres d’art et objets de collection..
Au cœur des Alpes suisses, près du village de Lungern et du col du Brünig, un chantier discret est en cours pour créer un réseau de galeries souterraines. Ce projet, mené par un homme d’affaires local nommé Thomas Gasser, président du conseil d’administration de la société Brünig Mega Safe AG, vise à aménager un espace de stockage ultra-sécurisé. Les travaux, encore en phase de forage avec des machines hydrauliques, devraient aboutir à un complexe capable d’accueillir des objets de grande valeur comme des métaux précieux, des œuvres d’art ou des collections privées. Le site se situe à environ 150 mètres sous la route du col, dans une zone frontalière entre les cantons d’Obwald et de Berne. L’objectif est de proposer un lieu inaccessible et protégé pour des clients fortunés souhaitant mettre leurs biens à l’abri.
Le projet intègre plusieurs niveaux de sécurité pour garantir la protection des biens stockés. À l’entrée du site, un premier sas de contrôle permettra de filtrer les véhicules des clients, qu’il s’agisse de camions ou de voitures personnelles. Ces contrôles visent à empêcher toute intrusion non autorisée. Plus loin dans les galeries, un deuxième sas de sécurité est prévu pour renforcer la protection. Ces dispositifs s’ajoutent aux caractéristiques naturelles du site, comme l’isolement géographique des Alpes suisses, qui en fait un lieu idéal pour ce type d’installation. La société Brünig Mega Safe AG mise sur cette combinaison de sécurité physique et de discrétion pour attirer une clientèle exigeante.
Ce projet s’adresse spécifiquement aux ultrariches, une catégorie de personnes disposant de fortunes colossales et cherchant à protéger leurs actifs. Les objets de valeur visés incluent non seulement des métaux comme l’or ou le platine, mais aussi des œuvres d’art, des collections rares ou des documents confidentiels. La Suisse, et particulièrement les Alpes, est déjà réputée pour son rôle de refuge pour les capitaux étrangers grâce à son secret bancaire et sa stabilité politique. Ce projet souterrain s’inscrit dans cette tradition, en offrant une solution encore plus discrète et sécurisée. Les clients pourraient provenir de divers horizons, attirés par la réputation de neutralité et de fiabilité du pays.
La Suisse, pays neutre et doté d’une économie stable, attire depuis des décennies les fortunes étrangères en quête de sécurité. Le secteur bancaire helvétique est mondialement connu pour sa discrétion et son expertise en gestion de patrimoine. Ce projet souterrain s’inscrit dans une logique de diversification des services proposés aux clients les plus aisés. Il reflète également une tendance croissante parmi les ultrariches à rechercher des solutions de stockage alternatives, moins visibles que les coffres-forts traditionnels. Les Alpes suisses, avec leur relief montagneux et leur faible densité de population, offrent un cadre idéal pour ce type d’infrastructure discrète.
L’article est une traduction d’un reportage publié par la *Neue Zürcher Zeitung* (*NZZ*), un quotidien suisse de référence fondé en 1780. Ce journal, basé à Zurich, est réputé pour son approche centriste et libérale, ainsi que pour sa couverture internationale. Il est lu par l’ensemble des germanophones de Suisse et propose une analyse approfondie de l’actualité économique et politique. L’article original, intitulé *Die Schatzkammer der Superreichen tief in den Schweizer Alpen* (*Le Trésor des ultrariches au cœur des Alpes suisses*), a été rédigé par Erich Aschwanden et traduit en français par Tilman Chazal pour *Courrier international*.

