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Environnement

Ouvrir la fenêtre pendant l’orage

Terrestres · mis à jour il y a 22 j

“Quand on vit avec les chevaux, on comprend vite que la résolution des choses ne peut venir qu’en maintenant le mouvement vers l’avant.” Dans “Le dedans et le dehors”, un livre aussi beau à regarder qu’à lire, Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias, qui ont créé ensemble la compagnie Baro d’evel, racontent leur monde et se livrent sur leur travail. Extrait.

Violence et chaos

L'article évoque une pulsion de mort qui traverse l'histoire humaine, marquée par la violence, le ressentiment et la souffrance. Ce chaos est décrit comme une force destructrice qui ronge les existences et l'environnement, avec des images fortes comme dégueule sa violence sur le monde ou shootent aux mensonges. L'auteure, Camille Decourtye, souligne que cette dynamique est cyclique et semble inévitable, prenant les individus et la société par surprise à chaque fois. Le texte interroge comment agir face à cette spirale, alors que la peur et la déception peuvent paralyser ou pousser à la résignation. Le contexte artistique et philosophique du livre Le dedans & le dehors (2026) sert de cadre à cette réflexion, explorant la tension entre l'individu et le collectif dans un monde chaotique.

Corps et paysages intimes

Face à l'impuissance perçue face au chaos, l'article propose une piste centrée sur nos paysages intérieurs et nos territoires intimes, qui seraient les moteurs de la transformation du monde. Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias, auteurs du livre, suggèrent que c'est en explorant nos propres contradictions, blessures et ressources internes que nous pouvons influencer le dehors. Le texte utilise des métaphores comme nos forêts, nos eaux et nos glaces à venir pour illustrer cette idée : nos états intérieurs façonnent les paysages futurs. Cette approche s'inscrit dans une démarche artistique et existentielle, où l'effort individuel, même imparfait, devient un acte de résistance contre la résignation. Le concept de courage sans victoire (inspiré de Cynthia Fleury, 2011) est introduit pour décrire cette persévérance sans garantie de résultat.

Gestes de douceur

L'article plaide pour se battre pour la douceur, c'est-à-dire cultiver des gestes de soin, de solidarité et d'attention malgré l'incertitude. Il s'agit de recommencer encore, de reprise de terrain face à la peur et au ressentiment qui s'immiscent partout. Les auteurs encouragent à faire groupe pour créer des espaces de rencontre et de soutien mutuel, en acceptant que les solutions ne soient ni immédiates ni parfaites. Le texte insiste sur l'importance de tendre la main et de se regarder en face, même quand la peur domine. Cette démarche est décrite comme un effort nécessaire, même si elle ne suffit pas à résoudre tous les problèmes. L'idée centrale est que la douceur, bien que fragile, peut être un antidote à la violence ambiante.

Langage des chevaux

Une partie de l'article explore le rapport entre Camille Decourtye et les chevaux, notamment Bonito, compagnon de scène et de vie. Les chevaux y sont présentés comme des êtres sensibles dont la présence et les mouvements offrent une langue du quotidien, un langage non verbal basé sur la perception et l'attention. Cette communication repose sur des signes concrets (port de tête, ventre remonté, crottin, etc.) et une pensée latérale de l'espace, où la déviation et la courbe deviennent des outils de dialogue. Les chevaux, par leur état de présence intense, permettent aux humains de mieux comprendre l'ancrage dans le réel. L'auteure souligne que cette relation exige clarté et responsabilité, sans attente magique ou projection fantasmatique. Le cheval Bonito, par exemple, a appris à Decourtye à assumer ses choix avec aplomb.

Équilibre et mouvement

L'article décrit la danse entre humains et chevaux comme une recherche d'équilibre, où le mouvement et l'immobilité deviennent des outils de compréhension mutuelle. Pour les chevaux, l'immobilité est une sollicitation intense qui les amène à se révéler à eux-mêmes et aux humains. Sur scène, cette dynamique crée des moments de présence partagée, où les corps à l'arrêt semblent reliés, offrant une perception intense du monde environnant. Ces instants, décrits comme au bord d'un monde, révèlent une vie plus vieille que nous en nous. L'équilibre n'est jamais absolu, mais diffracté entre les perceptions et les mouvements, nécessitant des négociations constantes entre le possible et l'impossible. Cette approche artistique et existentielle invite à accepter l'incertitude et à trouver de la beauté dans le mouvement perpétuel.

Ce que ça pourrait changer

L'article s'inscrit dans le cadre de la revue *Terrestres*, qui explore les *écologies radicales* depuis 2018. La revue se positionne comme un *laboratoire d'idées* critiquant l'emprise du capitalisme sur le vivant et proposant des alternatives justes et émancipatrices. L'appel à la fin de l'article souligne la nécessité de soutenir ce type de réflexion, en lisant, partageant et finançant la revue. Le texte met en avant l'importance de la *bataille culturelle* pour transformer les rapports au monde, en s'appuyant sur des pratiques artistiques, philosophiques et collectives. Cette dimension politique et militante est centrale dans l'approche de *Terrestres*, qui vise à *répondre à la catastrophe écologique* par des moyens radicaux et innovants.

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