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Géopolitique

En Gambie, les femmes sont les “gardiennes de la mangrove”

Courrier International · mis à jour il y a 21 j

Le diffuseur panarabe “Al-Jazeera” a réalisé un reportage près de la capitale Banjul, au cœur de la mangrove, où s’organise la récolte les huîtres. Cet écosystème est à la fois une source importante de revenu pour les habitants et une barrière naturelle contre la montée des eaux due au réchauffement climatique..

Mangroves, écosystèmes vitaux

Les mangroves sont des forêts côtières composées principalement de palétuviers, des arbres capables de pousser dans l'eau salée. Elles jouent un rôle écologique majeur : elles protègent les côtes contre l'érosion et les inondations, servent d'habitat à de nombreuses espèces marines et stockent d'importantes quantités de carbone, contribuant ainsi à limiter le réchauffement climatique. En Gambie, près de la capitale Banjul, ces écosystèmes sont particulièrement menacés par l'activité humaine et les effets du changement climatique, comme la montée des eaux. Leur dégradation menace à la fois l'environnement et les moyens de subsistance des populations locales, qui dépendent de leurs ressources.

Rôle central des femmes

Dans la réserve de Tanbi, près de Banjul, les femmes comme Fatou Jarjue, âgée de 34 ans, sont devenues les principales gardiennes des mangroves. Elles récoltent des huîtres accrochées aux racines des palétuviers, une activité lucrative qui leur permet de subvenir aux besoins de leur famille. Leur rôle ne se limite pas à la récolte : elles participent activement à la restauration des mangroves endommagées, en replantant des jeunes plants et en surveillant les zones fragiles. Cette implication est le résultat d'une formation dispensée par une association locale, qui leur a permis de comprendre l'importance écologique de cet écosystème et de développer des techniques pour le préserver.

Ostréiculture, source de revenus

L'ostréiculture, c'est-à-dire l'élevage et la récolte d'huîtres, est une activité économique clé pour les habitants de la région de Tanbi. Les huîtres sont vendues sur les marchés locaux, où la demande est forte, ce qui en fait une source de revenus régulière pour les communautés. La récolte s'effectue principalement pendant la saison sèche, de décembre à mai, et s'interrompt pendant la saison des pluies (de juin à novembre) pour permettre aux populations d'huîtres de se renouveler. Cette pause saisonnière est essentielle pour maintenir la durabilité de cette ressource naturelle.

Menaces et solutions

La mangrove gambienne est aujourd'hui confrontée à deux menaces principales : l'activité humaine, qui détruit les forêts de palétuviers pour l'agriculture ou l'urbanisation, et le changement climatique, qui provoque une montée des eaux et une salinisation des sols. Ces phénomènes réduisent les populations d'huîtres et affaiblissent la capacité de la mangrove à protéger les côtes. Pour y remédier, les femmes de Ndangan, un village de 300 habitants situé près de Banjul, ont appris à restaurer les mangroves endommagées. Leur travail contribue à préserver cet écosystème tout en assurant l'avenir économique de leur communauté.

Ce que ça pourrait changer

Pour des femmes comme Fatou Jarjue et Sussan Colley, âgée de 48 ans, la préservation de la mangrove est une question de survie à long terme. Elles espèrent que leurs efforts permettront à leurs enfants et petits-enfants de continuer à vivre de l'ostréiculture tout en bénéficiant des services écologiques offerts par cet écosystème. Leur engagement montre comment des communautés locales peuvent jouer un rôle clé dans la protection de l'environnement, en combinant savoir-faire traditionnel et techniques modernes de restauration écologique.

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