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Géopolitique

Comment le tourisme a tué ma petite île croate

Courrier International · mis à jour il y a 15 j

Autrefois symbole d’ouverture et de lien avec les populations d’autres pays, le tourisme est devenu synonyme de foule, de bétonnisation et de surexploitation des ressources naturelles. En témoigne ce texte au ton dépité signé d’une chroniqueuse croate quant à ce qu’est devenue son île..

Tourisme authentique années 1980

Dans les années 1980, l’île croate décrite dans l’article accueillait les touristes dans un cadre authentique et chaleureux. Les visiteurs étaient invités à partager la vie quotidienne des locaux, comme participer à des barbecues familiaux ou déguster des produits artisanaux comme du vin et de l’eau-de-vie (slivovitz, une eau-de-vie de prune typique des Balkans) fabriqués à la maison. Les touristes pouvaient également goûter du fromage frais, du lait non pasteurisé et des tomates cultivées localement. Les interactions étaient naturelles : les maisons n’étaient pas verrouillées, les enfants jouaient ensemble, et les visiteurs acceptaient sans gêne les sons et odeurs typiques d’un village rural, comme le chant du coq, l’odeur d’une étable ou le passage des moutons. Ces échanges créaient des liens durables, parfois même des amitiés ou des relations amoureuses, transformant certains visiteurs en membres adoptifs de la communauté.

Changements environnementaux

L’article souligne que les paysages de l’île ont été profondément modifiés par l’afflux massif de touristes. Les plages, autrefois parsemées de rochers et de galets, ont été aménagées pour répondre aux attentes des visiteurs, souvent en bétonnant les côtes ou en ajoutant des infrastructures touristiques. Le môle, initialement caillouteux, a été transformé pour faciliter l’accostage des bateaux de croisière ou des ferries transportant des milliers de touristes chaque saison. Ces changements ont altéré l’écosystème local et l’esthétique naturelle de l’île, réduisant son caractère sauvage et préservé. L’auteur évoque cette transformation comme une perte d’authenticité, où les éléments typiques de la vie rurale (comme les tracteurs dans les champs ou les animaux domestiques) sont devenus des obstacles ou des curiosités pour les nouveaux touristes.

Impact économique local

L’économie de l’île reposait autrefois sur des échanges directs entre habitants et touristes, comme la vente de produits locaux (fromage, lait, vin) ou des services personnalisés (tours en bateau vers des plages isolées). Ces interactions permettaient aux familles de générer des revenus complémentaires tout en maintenant un lien social fort. Avec l’augmentation du tourisme de masse, ces activités ont progressivement été remplacées par des structures commerciales standardisées (hôtels, restaurants internationaux, agences de voyage) qui captent une grande partie des bénéfices. Les prix des loyers et des produits locaux ont également augmenté, rendant la vie plus difficile pour les résidents permanents. L’auteur suggère que cette évolution a transformé l’économie locale en un système moins inclusif, où les bénéfices ne profitent plus équitablement à la communauté.

Perte de l'authenticité culturelle

Le tourisme de masse a entraîné une standardisation des modes de vie et des interactions sur l’île. Les traditions locales, comme les repas partagés ou les fêtes familiales, ont été adaptées pour répondre aux attentes des touristes, parfois au détriment de leur authenticité. Par exemple, les repas maison ou les produits artisanaux ont été remplacés par des menus touristiques ou des plats internationaux dans les restaurants. Les relations humaines, autrefois basées sur la confiance et l’échange, sont devenues plus transactionnelles, avec des services vendus comme des expériences à consommer. L’auteur regrette cette perte de proximité, où les touristes ne sont plus des invités intégrés à la vie locale, mais des consommateurs de loisirs préemballés.

Ce que ça pourrait changer

L’article, publié pour la première fois le 12 juillet 2025 et republié le 22 juillet 2026, est signé par Marina Frka Milotic et s’inscrit dans une série de reportages sur les Balkans et le tourisme en Europe. Il aborde un phénomène récurrent dans les destinations touristiques : l’impact du tourisme de masse sur les communautés locales. Le texte illustre ce thème à travers le récit personnel d’un habitant d’une petite île croate, soulignant les transformations subies par son environnement, son économie et sa culture. L’article est publié par *Courrier international*, un média francophone spécialisé dans l’actualité internationale, et propose un accès payant à son contenu intégral, avec des offres promotionnelles à partir de 2,99 € par mois.

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