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Généraliste

Montrer patte blanche

Le Devoir · mis à jour il y a 7 j

La donne a changé : le PQ devrait viser une majorité aux prochaines élections avant de penser au référendum..

Nouvelle donne politique

Les élections québécoises de 2024 ont modifié la stratégie du Parti québécois (PQ). Avant le scrutin, le parti prévoyait organiser un référendum sur l'indépendance du Québec dans l'année suivant un éventuel départ de Donald Trump de la présidence américaine, en s'appuyant sur une victoire majoritaire. Cependant, les résultats électoraux ont changé la donne : le PQ n'a pas obtenu de majorité claire, ce qui rend improbable la tenue rapide d'un référendum. Dans son discours post-élection, le nouveau premier ministre, Paul St-Pierre Plamondon, a adopté un discours axé sur la gouvernance quotidienne plutôt que sur la préparation d'un référendum, évoquant des mesures comme la création d'un Secrétariat à l'efficacité gouvernementale ou le gel des salaires des députés. Cette approche contraste avec les promesses initiales du PQ, qui visaient à relancer le projet souverainiste après des décennies d'attente des conditions gagnantes (situation politique, économique et sociale jugée favorable à l'indépendance).

Stratégie de survie

Le gouvernement minoritaire du PQ doit désormais se concentrer sur sa survie politique jusqu'aux prochaines élections, prévues dans 27 mois, soit avant le possible retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Une dissolution prématurée du gouvernement pourrait en effet déclencher des élections anticipées, risquant de fragiliser davantage le PQ. L'auteur de l'article souligne que préparer activement un référendum, soutenu par seulement 30 % des électeurs selon les sondages, n'est pas une stratégie électoralement viable. Il recommande plutôt au gouvernement de montrer patte blanche, c'est-à-dire de prouver sa capacité à gérer efficacement la province avec des mesures concrètes et populaires, comme la lutte contre l'itinérance ou la réforme de l'administration publique. Le PQ doit éviter de donner l'impression que son action est entièrement subordonnée à l'objectif indépendantiste, ce qui pourrait aliéner une partie de l'électorat modéré.

Défis budgétaires

Le gouvernement du PQ doit composer avec un cadre budgétaire strict, marqué par un retour à l'équilibre budgétaire prévu pour 2028-2029, soit un an plus tôt que les autres partis. Ce choix reflète une volonté de rigueur financière, avec la plus faible augmentation annuelle des dépenses parmi les principaux partis. Cependant, retarder la tenue du référendum rend nécessaire de repousser également l'objectif de déficit zéro, car imposer des mesures d'austérité supplémentaires pourrait nuire à la popularité du gouvernement. L'auteur souligne que le PQ doit trouver un équilibre entre sa promesse de rigueur et la nécessité de ne pas alourdir excessivement le fardeau des contribuables, surtout dans un contexte où 70 % des électeurs s'opposent au référendum. La gestion des finances publiques devient ainsi un enjeu central pour maintenir la crédibilité du parti.

Risques référendaires

La préparation d'un référendum sur l'indépendance comporte des risques politiques majeurs pour le PQ. D'une part, la nomination d'un ministre responsable du processus pourrait être interprétée par l'opposition comme une preuve que le gouvernement subordonne toutes ses actions à l'objectif souverainiste, ce qui pourrait aliéner les électeurs modérés. D'autre part, la création d'une commission itinérante de consultation sur une constitution provisoire, prévue pour être très médiatisée, risque de devenir un terrain de confrontation entre partisans du Oui et du Non. L'auteur rappelle que lors du référendum de 1995, le Parti libéral du Québec (PLQ) avait boycotté la Commission nationale sur l'avenir du Québec, ce qui avait été perçu comme un désavantage stratégique. Enfin, une telle commission pourrait exacerber les divisions au sein de la société québécoise, surtout si les travaux sont perçus comme une tentative de forcer la main aux électeurs.

Ce que ça pourrait changer

Le projet indépendantiste du PQ entre en tension avec les ambitions de *nation-building* du gouvernement canadien, notamment sous la direction de Mark Carney, qui vise à renforcer l'unité nationale face aux défis posés par Donald Trump. Cette approche centralisatrice est incompatible avec les velléités autonomistes, voire indépendantistes, du PQ. L'auteur souligne que les relations entre Québec et Ottawa risquent de se tendre naturellement, sans que le gouvernement québécois n'ait besoin de chercher activement la confrontation. Le PLQ, en revanche, s'accommode de cette dynamique centralisatrice, ce qui pourrait renforcer son positionnement comme parti modéré et pragmatique. Pour le PQ, cette réalité impose de trouver un équilibre entre la défense de ses positions autonomistes et la nécessité de collaborer avec Ottawa sur des dossiers communs.

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