Face à la désinformation environnementale, les États en ordre dispersé
À l’approche des COP sur la biodiversité et sur le changement climatique, le Forum sur l’Information et la démocratie étudie les actions mises en place par une vingtaine d’États pour enrayer la désinformation environnementale. En Europe, la question se retrouve prise dans les « guerres culturelles » qui visent à alimenter la polarisation.
Deux conférences internationales majeures sur l'environnement se tiendront en octobre et novembre 2026. La COP17 sur la biodiversité est prévue du 22 au 30 octobre à Erevan, en Arménie, tandis que la COP31 sur le changement climatique aura lieu du 9 au 22 novembre à Antalya, en Turquie. Ces sommets réunissent des États du monde entier pour discuter de solutions face aux crises écologiques. En 2025, lors de la COP30, une douzaine de pays avaient déjà exprimé leur volonté de lutter contre la désinformation climatique, un phénomène qui fausse le débat public et entrave les actions nécessaires pour protéger l'environnement. La désinformation climatique désigne la diffusion intentionnelle d'informations fausses ou trompeuses sur le climat, souvent pour minimiser les risques ou discréditer les scientifiques.
Le Forum sur l'Information et la Démocratie (FID), une organisation internationale, a analysé les stratégies de 23 pays et de l'Union européenne pour lutter contre la désinformation climatique. Le constat est alarmant : la majorité de ces États ne dispose d'aucun plan spécifique pour contrer ce phénomène. Pourtant, la désinformation climatique est devenue un enjeu démocratique majeur, car elle alimente les divisions sociales et réduit la confiance des citoyens envers les institutions. Selon Camille Grenier, directeur exécutif du FID, elle sape la confiance dans les institutions et les scientifiques, rendant plus difficile la mise en place de politiques environnementales efficaces. Le FID souligne que cette désinformation est désormais un problème systémique, comparable à une menace pour la démocratie.
Les États abordent la désinformation climatique de manière dispersée, en utilisant des outils réglementaires variés. Ces mesures concernent principalement quatre domaines : la régulation des plateformes numériques (comme les réseaux sociaux), les lois sur les médias, les règles sur la publicité, et les protections des consommateurs. Cependant, ces approches restent souvent cloisonnées et ne forment pas une stratégie cohérente. L'Union européenne se distingue en reconnaissant officiellement que la désinformation climatique représente un risque systémique pour les démocraties. À l'inverse, le Brésil est le seul pays à avoir explicitement mentionné la responsabilité de l'État dans la promotion de l'intégrité de l'information climatique, c'est-à-dire dans la diffusion de données fiables et vérifiées.
Le FID, qui a mené cette étude, est un organisme indépendant créé pour protéger l'information et la démocratie face aux menaces numériques. Ses travaux montrent que les États peinent à coordonner leurs actions contre la désinformation climatique, malgré son impact croissant. Les prochaines COP17 et COP31 pourraient être l'occasion pour les pays de renforcer leur collaboration et d'adopter des mesures plus ambitieuses. Cependant, l'absence de plans dédiés dans la plupart des États laisse craindre que les avancées restent limitées. La désinformation climatique continue donc de prospérer, freinant les efforts internationaux pour lutter contre le réchauffement climatique et la perte de biodiversité.

