Face à la désinformation environnementale, les États en ordre dispersé
Alors que les COP31 sur le climat et COP17 sur la biodiversité s’apprêtent à réunir les États en octobre et novembre 2026, la lutte contre la désinformation environnementale révèle un désengagement inquiétant des pouvoirs publics. Malgré l’urgence démocratique que représente la propagation de fausses informations sur le climat, la majorité des pays étudiés par le Forum sur l’Information et la démocratie (FID) n’ont adopté aucune stratégie spécifique, préférant disperser leurs efforts dans des cadres réglementaires existants et souvent inadaptés.
Quels sont les principaux constats du Forum sur l’Information et la démocratie (FID) concernant la lutte contre la désinformation climatique ?
Le FID a analysé les actions de 23 pays et de l’Union européenne et constate que la majorité d’entre eux ne dispose d’aucun plan dédié à la désinformation climatique ou au climatoscepticisme, malgré leur impact sur la polarisation et la confiance démocratique. Seule l’Union européenne reconnaît officiellement ce risque comme systémique, tandis que le Brésil est le seul à souligner une responsabilité étatique dans la promotion de l’intégrité de l’information sur le changement climatique.
Comment les États abordent-ils généralement la désinformation environnementale, en l’absence de plans dédiés ?
Les États traitent la désinformation environnementale de manière fragmentée, à travers des régulations variées touchant les plateformes numériques, les médias, la publicité ou la protection des consommateurs, sans coordination globale ni approche ciblée sur les enjeux climatiques spécifiques.
Pourquoi la désinformation climatique est-elle considérée comme un enjeu démocratique par le FID ?
Le FID la qualifie d’enjeu démocratique car elle alimente la polarisation sociale et mine la confiance dans les institutions, rendant plus difficile l’adoption de mesures collectives nécessaires face aux crises environnementales. Son impact dépasse le cadre technique pour toucher aux fondements mêmes du débat public.
Ce que ça pourrait changer
Cette absence de stratégie coordonnée pourrait affaiblir l’efficacité des futures COP, où les décisions dépendent pourtant de l’adhésion des opinions publiques. À terme, la persistance de la désinformation environnementale risque de creuser les divisions entre pays et de retarder les actions climatiques, malgré l’urgence avérée. Les prochaines réunions internationales pourraient ainsi devenir des arènes de confrontation plutôt que de coopération, faute de cadre commun pour contrer les manipulations informationnelles.

