Faux SMS, sites piégés
Le VPN maison de Free ressemble de plus en plus à un outil de sécurité pour le grand public, et de moins en moins à un service pensé pour l’anonymat..
Free, un opérateur de téléphonie mobile français, a annoncé trois améliorations pour son service de VPN intégré, appelé mVPN, disponible depuis aujourd’hui pour ses abonnés utilisant les forfaits Free 5G+, Free Max ou Série Free. Ces mises à jour s’adressent aux utilisateurs d’iOS et d’Android. La principale nouveauté est l’ajout d’un niveau de protection personnalisable, offrant trois options : Standard, Essentiel et Renforcé. Le niveau Standard se contente de chiffrer la connexion internet pour sécuriser les données échangées. Le niveau Essentiel ajoute le blocage des sites malveillants et frauduleux, comme les faux sites de banques ou les liens piégés dans les SMS. Enfin, le niveau Renforcé inclut également le blocage des sites pour adultes, utile pour les familles ou les lignes partagées à la maison. Ces protections reposent sur une technique appelée filtrage DNS, qui interroge un annuaire technique pour vérifier si un site est dangereux avant de l’afficher.
Le fonctionnement de mVPN repose sur le filtrage DNS, une méthode qui compare les sites demandés à des listes de domaines dangereux tenues par Free. Si un site est identifié comme frauduleux ou inapproprié, l’accès est bloqué avant même que la page ne s’ouvre. Cependant, cette protection a une limite majeure : les sites frauduleux nouvellement créés peuvent ne pas être encore répertoriés et échapper ainsi au blocage. Pour activer ces protections, l’utilisateur peut choisir parmi trois niveaux, le niveau Renforcé étant particulièrement recommandé pour les adolescents ou les lignes partagées. Il est important de noter que mVPN ne remplace pas un contrôle parental classique, qui doit être configuré séparément. De plus, sur iPhone, le filtrage ne fonctionne pas si des options comme le Relais privé iCloud ou la fonction de Safari masquant l’adresse IP sont activées. Enfin, la protection est limitée à la France métropolitaine et au réseau mobile de Free, et elle s’active par périodes de douze heures.
Free a ajouté deux fonctionnalités mineures mais pratiques à mVPN. La première permet désormais à l’utilisateur de choisir le pays de sortie de sa connexion VPN parmi huit options : France, Italie, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suisse, Canada, États-Unis et Brésil. Auparavant, Free attribuait automatiquement un pays sans possibilité de choix. La seconde nouveauté est l’ajout d’un widget sur l’écran d’accueil, qui permet d’activer ou de désactiver rapidement le VPN sans avoir à ouvrir l’application Free. Ces améliorations visent à rendre l’utilisation de mVPN plus flexible et accessible, même si elles restent limitées comparées à des services VPN spécialisés comme Proton ou NordVPN, qui proposent respectivement plus de 20 000 serveurs dans 149 pays et des connexions dans 129 pays.
Le VPN de Free, mVPN, présente plusieurs limites importantes à prendre en compte. Tout d’abord, il ne fonctionne qu’en France métropolitaine et uniquement sur le réseau mobile de Free, désactivant automatiquement la protection dès qu’une connexion Wi-Fi est établie. De plus, il n’existe pas de version dédiée pour ordinateur, bien qu’un PC puisse en bénéficier via le partage de connexion. Enfin, Free, en tant qu’opérateur français, est soumis à la loi française qui l’oblige à conserver certaines données de connexion, contrairement à des services VPN spécialisés qui garantissent une *politique de non-conservation des journaux* vérifiée par des auditeurs externes. Ainsi, mVPN n’est pas conçu pour masquer sa navigation à son fournisseur d’accès, mais plutôt pour protéger contre des menaces courantes comme les faux SMS ou les sites frauduleux. Son public cible est donc l’utilisateur lambda qui souhaite une protection basique sans frais supplémentaires.

