Le lien entre exposition à la pollution plastique et maladies cardiaques se confirme
Les personnes victimes d’accidents cardiaques sont bien plus nombreuses à présenter des particules de plastique dans le sang que celles qui n’ont pas de pathologie cardiaque, d’après les résultats d’une nouvelle étude. L’exposition à ces polluants semble donc être un facteur de risque important en la matière, tout comme l’hypertension ou le fait de fumer..
En 2024, des chercheurs ont démontré que des microplastiques (particules de plastique de taille inférieure à 5 millimètres) et des nanoplastiques (encore plus petits, invisibles à l'œil nu) pouvaient s'accumuler dans la plaque d'athérome. Cette dernière est un dépôt graisseux qui se forme sur la paroi des vaisseaux sanguins, notamment dans les artères. Les scientifiques ont observé que la présence de ces particules dans ces plaques était associée à un risque accru de maladies graves comme les AVC (accidents vasculaires cérébraux), les infarctus (crises cardiaques) et même le décès. Les chercheurs ont travaillé sur des échantillons de tissus prélevés chez des patients, révélant ainsi un lien direct entre pollution plastique et santé cardiovasculaire.
Une équipe de chercheurs a publié en juillet 2024 dans la revue European Heart Journal de nouveaux résultats basés sur l'analyse du sang de 61 patients ayant subi une urgence cardiaque en raison d'une artère bouchée. Parmi ces patients, 84 % présentaient des nanoplastiques dans leur sang. Ce chiffre contraste fortement avec les 40 % observés chez des patients atteints de maladies cardiaques moins graves et les 32 % mesurés chez des sujets témoins dont les artères étaient saines. Les chercheurs soulignent que la concentration et la diversité des nanoplastiques étaient également plus élevées chez les patients les plus gravement atteints, suggérant un lien entre l'exposition à ces polluants et la sévérité des maladies cardiaques.
Les auteurs de l'étude insistent sur l'importance de réduire l'exposition aux polluants, y compris les micro et nanoplastiques, pour protéger la santé cardiaque. Ils rappellent que les facteurs de risque traditionnels comme le taux élevé de LDL-cholestérol (souvent appelé mauvais cholestérol), l'hypertension artérielle ou le tabagisme restent cruciaux à surveiller. Cependant, ils soulignent que l'environnement et les polluants auxquels une personne est exposée jouent également un rôle significatif. Selon eux, ces nouvelles données ne doivent pas être considérées comme un simple bruit de fond, mais comme un facteur influençant directement la santé cardiovasculaire. Le cardiologue italien Rocco Montone, non impliqué dans l'étude, confirme que malgré les progrès dans la prise en charge des maladies coronariennes, les infarctus continuent de survenir, ce qui suggère l'existence d'autres facteurs de risque non encore pleinement identifiés.
Les résultats de cette étude s'inscrivent dans un contexte plus large de prise de conscience des effets de la pollution plastique sur la santé humaine. Les microplastiques ont déjà été détectés dans divers milieux, y compris l'eau, l'air et même les tissus humains, comme le sang ou les fœtus. Les chercheurs soulignent que leur présence dans le sang des patients cardiaques graves pourrait expliquer pourquoi certains infarctus surviennent malgré une gestion optimale des facteurs de risque traditionnels. Cette découverte ouvre la voie à de nouvelles recherches pour mieux comprendre les mécanismes en jeu et développer des stratégies de prévention adaptées, notamment en réduisant l'exposition aux polluants environnementaux.

