NapseflowNapseflow
Généraliste

L’incidence du choc démographique est sous-estimée

Le Devoir · mis à jour il y a 19 j

Le vieillissement de la population annonce des jours difficiles pour les prochains gouvernements du Québec..

Vieillissement de la population

Le Québec fait face à un choc démographique marqué par le vieillissement accéléré de sa population. Selon les projections officielles, la part des 0-19 ans est passée de 24,4 % en 2000 à 20,6 % en 2025 et devrait atteindre 18,5 % d’ici 25 ans. À l’inverse, la proportion des 65 ans et plus a doublé, passant de 13 % au tournant du siècle à près de 22 % aujourd’hui, et devrait dépasser 26 % en 2051. Ce basculement s’explique par une baisse de la natalité et une espérance de vie accrue. Les personnes en âge de travailler (20-64 ans) représentaient 63 % de la population en 2000, contre 60 % en 2025, et leur part devrait chuter à 55 % en 2051. Ce vieillissement pose un défi majeur pour les finances publiques, car il augmente mécaniquement les dépenses en santé et en services aux aînés.

Dépenses publiques sous pression

Le vieillissement de la population exerce une pression croissante sur les dépenses de l’État, notamment en santé, qui représente déjà 42 % des dépenses de portefeuille du gouvernement québécois (contre 31 % en 1985). Pourtant, les projections officielles sous-estiment largement cette hausse. Par exemple, le gouvernement estime à 100 millions de dollars par an le coût de reconduction de ses services de santé, alors que le vérificateur général du Québec évalue ce coût réel à 600 millions, soit six fois plus. Cette erreur s’explique par une mauvaise prise en compte de l’inflation spécifique aux services de santé : entre 2010 et 2020, les fournitures médicales ont augmenté de 5,4 % par an, les denrées alimentaires de 7,6 %, et les médicaments de 14,5 %, bien au-delà de l’inflation générale (2,9 %). Les partis politiques, en campagne électorale, ont annoncé des mesures ciblant les aînés (soins à domicile, transport gratuit, bonifications du soutien), mais ces dépenses pourraient coûter bien plus cher que prévu à long terme.

Croissance économique en baisse

Le vieillissement de la population affecte aussi la croissance économique du Québec. Entre 1982 et 2002, le produit intérieur brut (PIB) réel du Québec progressait en moyenne de 2,4 % par an, grâce à l’augmentation de la population en âge de travailler (+0,7 % par an), à la hausse du taux d’emploi (+0,8 %) et à l’amélioration de la productivité (+1 %). Cependant, d’ici 2030, le ministère des Finances du Québec estime que ce potentiel de croissance ne dépassera pas 1,4 % à 1,5 % par an, en raison notamment du recul de la population active (-0,5 % par an) et d’une productivité en baisse (0,8 % entre 2010 et 2019). À plus long terme (2030-2065), même en intégrant les travailleurs de 65 à 74 ans, la croissance économique ne dépasserait pas 0,8 % par an, soit deux fois moins que la moyenne de 2003 à 2019 (1,7 %) et trois fois moins que celle de 1983 à 2002 (2,4 %).

Finances publiques en équilibre fragile

Les partis politiques québécois se sont tous engagés à rétablir l’équilibre budgétaire d’ici 2030, principalement en limitant strictement la croissance des dépenses publiques à l’inflation, voire en dessous. Cependant, cette approche ne tient pas suffisamment compte des tendances démographiques et de leurs conséquences. La Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke souligne que certaines promesses électorales, comme l’augmentation des places en garderies (alors que la population des 0-4 ans diminue) ou les mesures pour les aînés (dont la population explose), ont des impacts budgétaires très différents. Par exemple, une mesure destinée aux aînés coûtera bien plus cher qu’une mesure pour les jeunes enfants, en raison de la croissance démographique opposée. Les prochains gouvernements devront donc concilier une pression à la hausse sur les dépenses (santé, services aux aînés) et une baisse des revenus liée à une croissance économique plus faible.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs, dont le **vérificateur général du Québec** et la **Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke**, alertent sur une **sous-estimation systémique** des effets du vieillissement de la population. Les projections budgétaires actuelles ne reflètent pas la réalité du terrain, où les coûts de santé augmentent bien plus vite que l’inflation générale. De plus, les plateformes électorales des partis politiques ne semblent pas pleinement intégrer ces dynamiques démographiques dans leurs calculs. Par exemple, le gouvernement actuel évalue à 100 millions de dollars par an le coût de reconduction des services de santé, alors que la réalité est six fois supérieure (600 millions). Cette méconnaissance des tendances à long terme pourrait mener à des déséquilibres budgétaires plus importants que prévu, obligeant les futurs gouvernements à revoir leurs stratégies financières ou à réduire les services publics.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.